05 novembre 2026

DIEU EST AMOUR

 

DIEU EST AMOUR

1 Jean 4,16 — « Qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. »

« J’ouvre mon cœur à l’Amour de Dieu et 

je laisse Sa Présence inspirer mes paroles, 

mes gestes et mes rencontres. »

 

Yves GRAVET

Royan, 2026


Chers amis, chère famille,

Je souhaite vous partager mon écrit « Dieu est Amour », - en pièce jointe en pff - dans lequel je rassemble des réflexions et quelques souvenirs vécus avec mon épouse Michelle.

Même si vous n’êtes pas familiers du langage chrétien ou ne partagez pas notre foi, j’espère que vous y trouverez quelque chose qui nous rejoint tous: l’importance de prendre soin les uns des autres, de reconnaître un besoin et d’y répondre par un geste concret.

Au fil de notre vie, nous avons appris à donner, mais aussi à recevoir. Dans des moments difficiles, une présence, un encouragement ou une aide inattendue sont venus nous soutenir. Nous avons reconnu dans ces gestes l’Amour de Dieu, rendu tangible par l’attention d’autres personnes.

Les récits présentés ici ne sont que quelques exemples. Bien d’autres pourraient témoigner de cet Amour venu répondre à nos besoins, tandis que nous consacrons nos journées à servir Jésus. Pour nous, ce service consiste à nous rendre disponibles pour les occasions de faire le bien que Dieu notre Père a préparées sur notre chemin.

Nous ne considérons pas les aides reçues comme une récompense ou comme quelque chose qui nous serait dû. Nous les accueillons avec gratitude: elles nous rappellent que nous avons besoin les uns des autres.

Ces pages ne cherchent pas à vous imposer notre manière de croire. Elles vous ouvrent simplement une part de notre histoire et de ce qui nous fait vivre. Notre désir est que l’amour ne reste pas seulement un mot, mais devienne écoute, présence, partage et soutien.

Merci de prendre le temps de nous lire. Que cette lecture soit une occasion de nous rapprocher et de poursuivre ensemble la conversation.

Avec toute notre affection,
Yves et Michelle



Sommaire

De la méditation sur l’Amour de Dieu aux témoignages vécus, cet écrit nous conduit à un appel fraternel : accueillir cet Amour et le partager en actes.

1.  Demeurer dans Son Amour

2.  Notre relation à Dieu : recevoir, demeurer, aimer

3.  Trois questions de méditation

4.  Suivre Jésus et servir Son Œuvre

5.  L’Amour couvre toutes les fautes

6.  Embrasser la Parole

7.  La plus grande de ces trois choses, c’est l’Amour !

8.  Janvier 1977 : nos premiers pas avec Jésus

9.  Notre premier geste de soutien

10.               Le verre d’eau

11.               Un manquement au cœur de l’abondance

12.               Membres d’un même Corps

13.               Bientôt cinquante ans de cheminement

14.               Persévérer dans la prière

15.               L’amour, source de la vraie libéralité

16.               Marcher dans le souffle de l’Amour


 

Demeurer dans Son Amour

Comment l’Amour reçu de Dieu devient-il un amour vécu envers les autres ? Cette question accompagne tout cet écrit. Je partirai de quelques paroles bibliques, puis je partagerai ce que Michelle et moi avons appris depuis nos premiers pas avec Jésus. Ces souvenirs nous conduiront à un appel fraternel : faire vivre ensemble cet Amour par la prière, l’attention et le soutien concret.

Quel rapport avons-nous avec Dieu, par définition avec l’Amour qui Le définit ?

1 Jean 4,16 — « Dieu est Amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. »

Demeurer dans Son Amour, c’est accueillir l’Amour que Dieu nous porte et y croire. Cet accueil se traduit concrètement par l’amour des autres : L’apôtre Jean nous invite à nous aimer les uns les autres. 

Ainsi, demeurer dans l’amour, c’est vivre en communion avec Dieu et laisser Son Amour orienter nos relations et nos actes au quotidien.

Romains 5,5 — « Et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »

Romains 5,5 nous rappelle que l’Amour de Dieu est un don reçu au plus profond de nos cœurs, qui soutient notre espérance. 

Dans la lecture spirituelle proposée ici, nous nommons l’Esprit au féminin : la Sainte Esprie, en écho à l’emploi féminin du mot hébreu Rouah, qui signifie souffle ou esprit. Elle nous fait accueillir l’Amour de Dieu le Père et Sa Tendresse maternelle, évoquée ici par le nom « Dieu Maman céleste ». Ce langage exprime une méditation sur Dieu, et non une définition fondée sur le seul genre grammatical.

Notre relation à Dieu : recevoir, demeurer, aimer

1 Corinthiens 13,1 — « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. »

Recevoir Son Amour. Romains 5,5 rappelle que l’Amour de Dieu est répandu dans nos cœurs : notre réponse commence par un don accueilli.

Demeurer dans Son Amour. Selon 1 Jean 4,16, demeurer dans l’amour, c’est demeurer en Dieu. Notre relation avec Lui se vit donc dans l’amour des autres.

Mettre cet amour en actes. En 1 Corinthiens 13, Paul décrit un amour patient, serviable, sans orgueil et attaché à la vérité. Les paroles sur Dieu prennent ainsi leur sens dans notre manière d’aimer.

L’image du cuivre et de la cymbale souligne le contraste entre un son retentissant et une parole habitée par l’amour. 

Paul nous invite à ne pas confondre l’éclat de nos discours avec la profondeur de notre relation à Dieu : sans amour, même une parole impressionnante reste du bruit.

Trois questions de méditation

1. Comment puis-je accueillir aujourd’hui l’Amour de Dieu comme un don, plutôt que comme une récompense à mériter ?

2. L’Amour que je reçois de Dieu se reconnaît-il dans ma manière de parler et de traiter les autres ?

3. Quel acte concret de patience, de service ou de vérité puis-je poser aujourd’hui pour vivre cet amour ?

Romains 5,8 — « Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. »

Romains 5,8 révèle que l’Amour de Dieu nous rejoint avant même que nous soyons devenus meilleurs : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs.

Cet Amour n’est donc pas une récompense pour notre perfection, mais un don qui nous précède. Par le don de Sa Vie, le Christ manifeste concrètement cet Amour et nous invite à l’accueillir pour aimer à notre tour.

Suivre Jésus et servir Son Œuvre

Par le don de Sa Vie, Jésus nous manifeste cet Amour qui nous précède. L’accueillir, c’est aussi accueillir Jésus Lui-même et répondre à Son invitation à Le suivre. Notre engagement prend alors la forme d’un partenariat avec Lui : servir et accomplir en actes ce qu’Il nous demande.

Nous rejoignons ici l’invitation de Marie, la mère biologique de Jésus. Dans la lecture spirituelle de cette méditation, nous la distinguons de la Sainte Esprie, notre Maman céleste. Aux noces de Cana, Marie s’adresse à ceux qui servent et les invite à faire confiance à Jésus.

Jean 2,5 — « Sa mère dit à ceux qui servaient : “Tout ce qu’Il vous dira, faites-le.” »

Les serviteurs remplissent les jarres, puis puisent et portent au maître du repas ce que Jésus leur demande. Ils prennent ainsi part, par leur service, au signe de l’eau changée en vin, tandis que les disciples croient en Lui. 

Dans notre méditation, ce partenariat devient une invitation à écouter Jésus et à agir selon Sa Parole : nous ne produisons pas le miracle, mais nous participons à Son Œuvre, où se révèle l’Amour de Dieu dans le Fils Bien-Aimé.

Ces gestes — remplir les jarres, puis puiser et porter au maître du repas — relèvent du service demandé aux serviteurs ; le miracle de l’eau changée en vin, lui, est attribué à Jésus. Participer au service ne signifie donc pas accomplir soi-même le miracle.

Leur service ne remplace pas Son Action : il répond à Sa Parole. 

Ce récit éclaire notre partenariat avec Lui : nous offrons notre disponibilité et nos actes, sans nous attribuer la puissance du miracle ni prétendre en maîtriser le résultat.

Question de méditation. À l’exemple des serviteurs de Cana, suis-je disponible pour écouter Jésus et accomplir ce qu’Il me demande aujourd’hui, même lorsque je ne sais pas encore quel fruit naîtra de mon service ?

L’Amour couvre toutes les fautes

Proverbes 10,12 — « La haine excite des querelles, mais l’amour couvre toutes les fautes. »

1 Pierre 4,8 (Segond 21) — « Avant tout, ayez un amour ardent les uns pour les autres, car l’amour couvrira une foule de péchés. »

Un amour ardent n’est pas seulement une émotion intense : nous le comprenons ici comme un amour persévérant, attentif à l’autre et prêt à agir. Couvrir les péchés, dans cette lecture, invite au pardon et à la restauration des liens, sans dissimuler un tort qui doit être traité.

Nos témoignages montreront les deux faces de cet apprentissage : donner et recevoir. Les courses apportées au couple pastoral, le colis reçu lorsque nous n’avions qu’un verre d’eau et l’aide au jeune foyer devant une table presque vide donneront ainsi une forme concrète à cette méditation.

Le rapprochement est méditatif : répondre à un besoin matériel n’est pas identique au pardon d’une faute, mais ces gestes expriment le même désir de prendre soin de l’autre. Ainsi, l’amour ardent ne reste pas dans nos paroles : il devient présence, soutien et service.

L’Amour dépasse les mots, même généreusement exprimés : il se révèle par des actes. 

Dans Proverbes 10,12, couvrir « toutes » les fautes évoque le pardon et la recherche de la paix, non la dissimulation du mal. 

Dans notre lecture méditative de Cana, le manque de vin représente un manquement dans l’évaluation du besoin réel à assurer pour les convives. 

L’Amour ne se limite pas à constater cette insuffisance : il y répond concrètement. Le signe accompli par Jésus devient ainsi, dans cette méditation, une image de l’Amour qui vient combler le manquement.

Cette lecture nous invite à assumer notre responsabilité : être attentifs aux besoins réels, les anticiper autant que possible et agir ensemble pour éviter qu’un manque ne laisse les autres sans soutien.

Aujourd’hui, dans la lecture spirituelle proposée ici, notre Maman céleste, la Sainte Esprie, inspire chaque disciple dans son partenariat avec Jésus. Elle nous invite à ne détourner le regard d’aucun manquement rencontré, mais à discerner comment pardonner, secourir et contribuer à réparer ce qui peut l’être. 

Couvrir « tous » les manquements, devient ainsi un appel à servir selon Sa Parole, afin que le témoignage de l’Amour de Dieu ne soit pas vain, mais prenne corps dans nos actes.

Faute et manquement. Dans cette méditation, la faute désigne une offense qui appelle le pardon ; le manquement désigne une insuffisance dans l’attention portée à un besoin ou dans les moyens prévus pour y répondre. 

Le manque de vin est lu ici comme un manquement d’anticipation, sans que le récit de Cana désigne un responsable ou affirme une culpabilité. 

Le rapprochement avec Proverbes 10,12 est donc méditatif : l’Amour nous invite à pardonner les offenses et à répondre aux besoins par des actes.

Proverbes 17,9 — « Celui qui couvre une faute cherche l’amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis. »

Dans notre lecture méditative, Proverbes 17,9 nous invite à répondre au besoin présent plutôt qu’à répandre des rumeurs sur le manquement. À Cana, Marie signale le manque à Jésus et les serviteurs agissent selon Sa Parole. 

Leur attitude nous inspire à chercher une réponse concrète, plutôt qu’à dénoncer l’échec pour humilier ou à entretenir un mauvais souvenir. 

L’Amour ne transforme pas le manquement en mauvaise réputation : il cherche comment aider, réparer et préserver les liens. Il ne s’agit pas de taire un tort qui doit être traité, mais d’en parler pour y remédier, sans nourrir la division.

Question de méditation. Mes paroles aident-elles à réparer ou entretiennent-elles la division ?

Cantique 1,2 — « Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! Car ton amour vaut mieux que le vin. »

Embrasser la Parole

À Cana, notre méditation ne s’arrête pas à l’eau changée en vin : elle contemple aussi la confiance qui conduit à agir selon la Parole de Jésus. 

« Embrasser » cette Parole, c’est l’accueillir, lui faire confiance et la traduire en actes. Dans notre lecture spirituelle, la Sainte Esprie, notre Maman céleste, nous inspire à nous aligner avec Jésus dans ce partenariat vivant. Embrasser la Parole, c’est laisser l’Amour reçu devenir un acte offert.

L’expression du Cantique, « ton amour vaut mieux que le vin », nourrit ici une méditation sur la communion et la fidélité, au-delà d’une euphorie passagère, même spirituelle. Le verset parle de l’amour du bien-aimé ; son rapprochement avec l’accueil de la Parole de Dieu constitue notre lecture méditative.

Le service, le signe et la foi. À Cana, l’écoute devient service : les serviteurs répondent à l’invitation de Marie de faire ce que Jésus leur dira. Remplir les jarres, puis puiser et porter au maître du repas sont les gestes concrets par lesquels ils accueillent Sa Parole.

Jésus accomplit le signe de l’eau changée en vin et manifeste Sa Gloire ; les disciples croient en Lui. Le récit distingue donc les serviteurs, qui agissent, des disciples, qui croient. 

Dans notre méditation, ces dimensions se répondent sans se concurrencer : le service accueille la Parole, le signe révèle Jésus et la foi reconnaît Celui qui agit.

Question de méditation. Est-ce que je cherche surtout une euphorie passagère, même spirituelle, ou suis-je prêt à embrasser la Parole de Jésus et à Lui rester fidèle dans mes actes, même sans émotion particulière ?

1 Corinthiens 13,13 (Segond 21) — « Maintenant donc ces trois choses restent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande des trois, c’est l’amour. »

La plus grande de ces trois choses, c’est l’Amour !

Pour partager ce qui se révèle à mon cœur au fil de cet écrit, je reviens aux premiers jours de notre vie avec Jésus. Mon épouse et moi avons alors commencé à apprendre ce que signifie « aimer comme Dieu aime ». Mes amis proches reconnaîtront peut-être certains souvenirs : si j’y reviens, c’est que les mots qui jaillissent de cette source m’en font découvrir à nouveau le sens.

La Sainte Esprie, que nous nommions alors au masculin dans notre compréhension de l’époque, nous a enseigné ce que signifie « embrasser les promesses qui sortent de la bouche de Dieu » : les accueillir avec confiance et les traduire en actes. C’est dans ce partenariat vivant avec Jésus que notre apprentissage de l’Amour a pris forme.

De la méditation au témoignage. Avec mon épouse, nous avons appris à accueillir les Promesses de Jésus et à y répondre par nos actes : revenons maintenant à nos premiers pas avec Lui.

Janvier 1977 : nos premiers pas avec Jésus

En janvier 1977, nous avons commencé nos premiers pas à la suite de Jésus dans une petite communauté chrétienne à Revin, dans les Ardennes. Jean-Michel et Danielle Pannier en étaient le couple pastoral en stage. Ils venaient de l’œuvre évangélique Vie Abondante, à Vichy, liée au ministère apostolique de Jean-Louis et Monique Jayet.

Notre foyer était sur le point de se briser : nous approchions de la séparation. Ce que nous avons vécu comme une délivrance nous a embrasés du feu de l’Amour de Dieu. Nous avions le sentiment d’être littéralement sortis du tombeau, de notre sépulcre.

Notre fille cadette, Séverine, avait perdu l’usage de la parole à la suite de convulsions vers son sixième mois. Le pasteur Jean-Michel pria pour elle et, selon notre compréhension spirituelle de cet événement, chassa un esprit d’infirmité. Elle retrouva alors la parole : « Maman », dit-elle aussitôt, trois fois de suite. Elle avait trois ans et demi.

Quant à moi, je vécus une libération instantanée de mon tabagisme excessif. Je compris cette expérience comme une purification de mon corps, comme si mon sang avait été libéré de la nicotine. Au lendemain matin de cette immersion, mon épouse constata que mon haleine de fumeur avait disparu.

Cette immersion dans la Présence de la Sainte Esprie fut telle que je reçus un enseignement intérieur sur le sacrifice de Jésus, qui me rachetait tout entier : esprit, âme et corps.

Dans cette expérience, je vis un autel en pierres brutes et mon corps allongé à son pied. Le Sang de Jésus se déversait de cet autel et venait entourer mon corps. J’entendis alors cette parole, audible pour moi, limpide et claire : « Je te purifie ! »

Ma première prière jaillit alors de ma bouche, comme si je venais d’embrasser ce qui sortait de la bouche de Dieu :

« Oui, Seigneur, donne-moi du travail pour que je soutienne Ton serviteur Jean-Michel Pannier. Lui, il a Tes Paroles que je n’ai pas encore. Je le paierai pour qu’il aille porter Ton Message à ceux qui sont dans les sépulcres blanchis d’où Tu m’as libéré ! »

Dans les trois jours qui suivirent, j’avais du travail : je suis devenu chauffeur dans une entreprise de bâtiment, où j’exerçais aussi, à l’occasion, comme monteur de grue. C’est ainsi que je suis devenu partenaire avec Jésus.

Notre premier geste de soutien

Notre premier geste de soutien se présenta à nous lors de la célébration d’un culte. Le couple pastoral habitait un appartement à l’étage, au-dessus de notre lieu de culte. Michelle rejoignit Danielle dans cet appartement, où elle nourrissait leur premier enfant, une petite fille prénommée Valérie.

Lorsque Michelle redescendit nous rejoindre, je remarquai chez elle une certaine inquiétude, sans en comprendre la source. Le culte terminé, dans notre voiture, elle me raconta ce qu’elle avait constaté : Danielle ramassait des miettes de pain pour les mélanger à un reste de lait afin de nourrir son enfant.

Et nous, l’assemblée, nous étions dans l’enthousiasme des alléluias ! Nous vivions cette saison charismatique et nous nous disions « inspirés de la Sainte Esprie ». Pourtant, si près de nous, un enfant manquait du nécessaire. 

Comment avions-nous pu ne pas voir, ne pas discerner ce besoin ? Ce manquement nous atteignait aussi : notre enthousiasme n’avait pas ouvert nos yeux.

« Faites tout ce qu’Il vous dira », disait Marie, la mère de Jésus. N’étions-nous pas sourds et aveugles à ce qui se passait si près de nous ? Nous ne voulions pas rester de ce nombre. 

Aussitôt, avec les moyens dont nous disposions, nous sommes allés à l’épicerie et avons rapporté au couple pastoral de quoi répondre aux premières nécessités.

Nous venions d’apprendre ce que signifiait, pour nous, « l’amour couvre toutes les fautes », à commencer par notre ignorance et notre suffisance. L’Amour nous appelait à ouvrir les yeux sur le besoin présent et à y répondre en actes.

Aujourd’hui, je suis Son serviteur. Bien d’autres actes similaires nous ont permis de répondre à des manquements que la Sainte Esprie nous invitait à couvrir de l’Amour de Dieu. Ces manquements entravaient le service des ouvriers du Seigneur et les retardaient dans l’accomplissement de Son Œuvre.

Le verre d’eau

Je ne m’attarderai pas sur l’image du semeur qui, tel le laboureur, récolte ce qu’il sème dans son champ. Notre Seigneur Jésus ne nous doit rien : Son Amour n’est pas une dette à acquitter en échange de notre service. Pourtant, dans notre expérience, Il n’oublie pas notre engagement. 

C’est dans cette confiance, et non dans l’attente d’un dû, que nous avons vécu le souvenir qui suit.

Dans les premiers temps de notre engagement au sein de la mission Vie Abondante, que nous avions rejointe en réponse à un appel de l’Amour de Dieu, j’étais chauffeur du camion qui transportait le chapiteau destiné à l’évangélisation. 

Un jour, alors que je rentrais pour le déjeuner, Michelle me servit un verre d’eau en me disant : « Voici ton repas. Les enfants ont eu leur part ; quant à nous… ? »

Dans ce genre de situation, le corps réagit et se sent perdu. Pour moi, l’important était de ne pas laisser cette réaction prendre le dessus sur mon esprit, mais d’accueillir ce qui pouvait me rassurer et m’aider à franchir l’obstacle. 

Dans ce souvenir, mon attitude fut de garder le regard sur Jésus : à ce moment-là, je ne laissais place ni à la colère ni au questionnement. Je décris ici mon expérience, non une règle qui interdirait de Lui confier ses inquiétudes. J’attendais de Lui un enseignement sur la foi et l’espérance, pour apprendre à embrasser ce qui demeure, dans cette méditation, la plus grande des trois : l’Amour de Dieu.

Je commençai par un geste de foi : je pris mon verre d’eau et l’élevai comme une coupe de victoire, en Lui rendant grâce au milieu de cette situation que nous ne maîtrisions pas.

Un bon quart d’heure plus tard, on sonna à la porte de notre appartement. Un frère aîné de l’église que nous fréquentions arriva avec un colis bien garni de victuailles pour une semaine. Il nous expliqua que son épouse, pendant un temps de jeûne et de prière, avait été interpellée par la Sainte Esprie, qui lui avait révélé notre besoin urgent.

Par ce couple, l’Amour de Dieu répondit concrètement à notre besoin. C’est en ce sens que nous avons vécu cet Amour comme venant couvrir notre foi et notre espérance : notre confiance rencontrait une aide offerte, au cœur même de notre manque.

Dans ce souvenir, la prière et l’aide concrète se rejoignent : tandis que nous confions notre manque à Jésus, le temps de jeûne et de prière de cette sœur la rend attentive à notre besoin, selon le témoignage de son époux. Cette attention devient un colis apporté à notre porte. Nous y reconnaissons un Amour qui nous apprend à recevoir autant qu’à donner : la prière ouvre à la disponibilité, et la disponibilité prend la forme d’un service.

Question de méditation. Au milieu d’une situation difficile que je ne maîtrise pas, comment puis-je exprimer ma reconnaissance à Dieu tout en Lui confiant mes besoins et mes inquiétudes ?

Un manquement au cœur de l’abondance

Un dernier exemple me revient : celui d’un manquement qui, au cœur même de l’abondance, n’était pas couvert. Lors d’une de nos missions, nous étions dans une assemblée où un jeune couple se distinguait par des paroles de connaissance. 

L’une de ces paroles nous accompagne encore aujourd’hui. Une atmosphère spirituelle s’y élevait.

Pourtant, au milieu de cette atmosphère spirituelle, nous ressentions une fragilité, un manque — comme une bulle d’air fragilise une pièce d’acier. 

Cette impression prit un visage lorsque nous fûmes invités à déjeuner chez ce jeune couple : notre jeune sœur était en larmes. Sur sa table, le repas était maigre : « une saucisse, une pomme de terre ».

Mon épouse et moi comprîmes alors ce que nous avions ressenti : un besoin restait sans réponse concrète. La foi et l’espérance étaient présentes, mais il manquait ce geste d’amour qui aurait répondu aux premières nécessités de ce foyer. Nous sommes donc allés chercher de quoi remplir le coffre de notre voiture et répondre à ce besoin.

Le lendemain, lors d’une autre invitation à déjeuner dans la famille de ce jeune couple, la table était garnie avec surabondance. Ce contraste nous interpellait : comment le manque pouvait-il demeurer si près de l’abondance ?

Ce contraste entre le manque et l’abondance donne leur sens aux mots employés dans notre témoignage : fragilité et absence de soutien, mais aussi suffisance, aveuglement et ignorance, sur lesquels nous sommes tous invités à nous interroger. Notre propos n’est pas de présumer les intentions de chacun : il est de rappeler que parler de l’Amour ne suffit pas si nous n’ouvrons pas les yeux sur le besoin pour y répondre en actes.

L’Amour de Dieu ne couvre-t-Il pas toutes les fautes ?

Membres d’un même Corps

Ne sommes-nous pas membres d’un même Corps, celui du Christ ressuscité et glorifié ? Nourris de Son Amour, nous sommes appelés à unir nos dons complémentaires au service les uns des autres. Comment pourrions-nous alors vivre dans l’abondance sans nous soucier du membre qui manque du nécessaire ?

1 Corinthiens 12,26-27 — « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. »

Une même source, des dons complémentaires. Paul enseigne que les dons, les services et les activités sont variés, mais qu’ils viennent du même Esprit, du même Seigneur et du même Dieu. 

Cette unité ne signifie pas que chacun possède les mêmes capacités ou la même compréhension : chaque membre a sa place et contribue au bien commun.

Un Amour qui prend soin. Aucun membre ne peut dire à un autre : « Je n’ai pas besoin de toi. » Même ceux qui paraissent les plus faibles sont nécessaires. Le soin mutuel rend visible notre appartenance au Corps : la souffrance de l’un concerne les autres, comme sa joie devient une joie partagée.

Ces paroles éclairent les souvenirs que nous venons de partager. Nous avons appris tantôt à apporter du soutien, tantôt à en recevoir. Dans notre lecture spirituelle, la Sainte Esprie, notre Maman céleste, nous invite à mettre nos dons et nos ressources au service les uns des autres. Chacun peut ainsi, selon les moments et ses possibilités, apporter du soutien et en recevoir à son tour.

L’abondance n’est plus seulement ce que nous possédons : elle devient une possibilité de répondre au manque d’un autre membre. Ainsi, notre partenariat avec Jésus prend corps dans un Amour vécu ensemble.

Question de méditation. Suis-je disponible pour reconnaître mes besoins et accueillir avec simplicité l’aide d’un autre membre du Corps, comme je suis prêt à lui offrir mon soutien ?

Bientôt cinquante ans de cheminement

Ce soutien mutuel, nous nous efforçons de le vivre aussi fidèlement que possible depuis bientôt cinquante ans, un anniversaire que nous atteindrons en janvier 2027. Depuis nos premiers pas avec Jésus, nous avançons sur ce chemin de foi et d’espérance, soutenus par l’Amour de Dieu.

Nos amis proches nous disent que ces écrits nourrissent leur cheminement : ils y trouvent de quoi être édifiés, fortifiés et voir leur regard sur la Vie en Jésus transformé positivement. Nous recevons ces témoignages comme un encouragement à poursuivre le service du message de la Parole de Dieu.

Selon les chiffres que je relève, le blog reçoit entre 40 000 et 50 000 vues mensuelles. À mon humble avis, cette audience témoigne de la portée des écrits ; elle ne dit pas, à elle seule, ce que chaque lecture produit dans une vie.

Cette portée des écrits contraste pourtant avec notre quotidien : la réponse concrète à nos besoins et à ceux de Son œuvre Vie Comblée reste, à nos yeux, limitée. Ce décalage m’interpelle. 

Comment mieux partager ces besoins et chercher ensemble une réponse fraternelle, dans la confiance en l’Amour de notre Dieu, personnel et vivant, sans faire de cette audience une obligation de soutien ?

Du témoignage à l’appel fraternel. Ce chemin où nous avons appris à donner et à recevoir ouvre maintenant une invitation : discerner ensemble comment faire vivre cet Amour aujourd’hui.

Chers amis, je vous adresse cet appel fraternel dans la foi, l’espérance et l’amour. Si ces écrits nourrissent votre cheminement avec Jésus, je vous invite à discerner librement comment prendre part à ce service : par votre prière, un encouragement, une aide concrète ou, si vous le pouvez et le souhaitez, un soutien matériel.

Il ne s’agit ni d’une dette ni d’une mesure de votre foi. Chacun connaît ses possibilités et ses propres besoins. Mon souhait est que nous puissions avancer ensemble : dans la foi qui fait confiance à Jésus, dans l’espérance qui persévère et dans l’amour qui écoute et agit. 

Merci à chacun pour ce qu’il peut offrir librement, afin que les besoins partagés trouvent une réponse fraternelle et que ce service puisse se poursuivre.

Cet appel à vivre l’Amour en actes nous ramène à la prière. Pour rester disponibles au service, nous avons besoin d’une foi et d’une espérance affermies. La persévérance dans la prière et l’accueil des Promesses de Dieu fortifient notre esprit : ils soutiennent notre disponibilité à aimer et à agir.

Persévérer dans la prière

Jérémie 23,29 compare la Parole à un marteau qui brise le roc ; Éphésiens 6,17 la désigne comme le glaive de l’Esprit, avant d’appeler à persévérer dans la prière. 

En rapprochant ces images dans notre méditation, nous pouvons évoquer un marteau forgeant l’épée : la Parole travaille notre cœur et nous équipe pour tenir ferme, non contre les personnes, mais pour rester fidèles à Jésus dans l’Amour.

Accueillir Son Amour, persévérer dans la prière et répondre au besoin de l’autre : ce cheminement nous ouvre à une générosité vécue librement. C’est sous cet angle que nous abordons maintenant la libéralité, avec le même désir : que nos paroles, nos gestes et nos rencontres rendent visible l’Amour que nous avons reçu.

L’amour, source de la vraie libéralité

Ainsi, l’Amour reçu de Dieu devient un amour vécu envers les autres, notamment par la libéralité : cette générosité qui donne librement pour répondre à un besoin. Elle ne naît ni d’un calcul, ni d’une pression, ni d’un réflexe religieux, mais de la présence de l’Amour lui-même dans le cœur. Car Dieu est amour : là où Son Amour demeure, il anime et rend possible un don libre, humble et joyeux.

1 Jean 4,8 — « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »

1 Jean 4,16 — « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. »

Ce n’est pas la forme du don qui suffit à en exprimer le sens spirituel, mais l’amour qui l’anime. La dîme, l’offrande, l’aumône ou tout autre acte de générosité peuvent devenir un devoir extérieur, voire une forme de légalisme, lorsqu’ils sont séparés de cet amour. Même les gestes les plus visibles risquent alors de perdre leur souffle. Lorsque l’Amour de Dieu remplit le cœur, au contraire, la libéralité devient un fruit de la grâce.

1 Corinthiens 13,3 — « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. »

2 Corinthiens 5,14 — « Car l’amour de Christ nous presse.»

Participer à ce que Jésus accomplit : voilà le désir qu’exprime la libéralité d’une vie touchée par Christ et reconnaissante de Sa grâce. Le don ne cherche ni à acheter la faveur de Dieu ni à se justifier devant les hommes. Il répond intérieurement à l’amour reçu, plutôt qu’à une obligation imposée de l’extérieur.

Matthieu 10,8 — « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Romains 12,9 — « Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien. »

C’est pourquoi la vraie valeur de l’offrande ne se mesure pas à son apparence : elle vient de l’amour qui l’inspire. Cet amour purifie l’intention, libère le geste de la contrainte et fait du don un service vivant. La libéralité n’est alors plus un poids, mais une joie : elle témoigne de l’Amour reçu et devient une semence offerte pour le bien de l’autre. Dans notre lecture spirituelle, elle exprime notre participation au mouvement du souffle de la Sainte Esprie, qui demeure en nous, Son Temple.

Romains 12,10 — « Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques. »

 

Question de méditation. Ma prière m’ouvre-t-elle à l’Amour de Dieu et aux besoins d’autrui ? Quel geste libre de présence, de service ou de partage puis-je offrir selon mes possibilités ?

Marcher dans le souffle de l’Amour

Au terme de cette méditation, je contemple ce marcheur dans la montagne. Pour avancer sur le sentier, il prend appui sur ses deux bâtons, nommés « Foi et Espérance ». 

L’un soutient sa confiance, l’autre sa persévérance. Mais c’est dans le souffle puissant de l’Amour de Dieu qu’il poursuit sa marche : la Sainte Esprie, notre Maman céleste, l’accompagne et nous conduit sur le sentier de Jésus-Christ.

Dans cette image spirituelle, nous suivons le Fils premier-né d’entre les morts « spirituels », Jésus-Christ, qui nous a ressuscités ensemble avec Lui et nous a fait asseoir avec Lui dans les lieux célestes, à la droite de Dieu, notre Papa céleste. 

Notre marche prend ainsi sa source dans cette communion avec Lui : soutenus par la Foi et l’Espérance, nous laissons Son Amour inspirer nos pas, ouvrir nos yeux et rendre nos mains disponibles pour soutenir ceux que nous rencontrons.

Que l’Amour de Dieu vous enveloppe et fortifie votre marche. Que la Sainte Esprie, notre Maman céleste, renouvelle votre Foi et votre Espérance et vous conduise dans les pas de Jésus-Christ. Que la tendresse de notre Papa céleste vous accompagne, et que l’Amour reçu devienne, dans vos paroles et vos gestes, une bénédiction 
offerte aux autres.

En Lui,

Yves GRAVET

son serviteur



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


DIEU EST AMOUR