LE DISCIPLE DE JÉSUS-CHRIST
Jean 8,31 (Louis Segond)
« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; »
Yves GRAVET
Royan, 2026
Sommaire
Plan d’étude
1. La fidélité à Sa Parole
2. L’amour
3. La mise en pratique
Bilan du parcours
Conclusion et bénédiction
Pour approfondir : des personnes appelées, une histoire accueillie
Les douze apôtres et leur profession
Jésus Lui-même et Sa lignée selon Matthieu
La lignée selon Luc : de Jésus à Adam
Des histoires contrastées… et pourtant, la Grâce
Tamar • Rahab • Ruth • Bath-Schéba • Marie
Ruth : exemple d’accueil, hospitalité et prière
Manassé • Les apôtres eux-mêmes • Une lecture spirituelle
Plan d’étude
Ce parcours propose trois rencontres pour réfléchir à la vie du disciple de Jésus-Christ. Chaque rencontre associe un temps de réflexion, un échange et une action concrète. La citation placée en couverture sert de point de départ à l’étude.
1. La fidélité à Sa Parole
Objectif : apprendre à écouter l’enseignement de Jésus-Christ, à le comprendre et à lui rester attaché dans la durée.
Lectures bibliques — Louis Segond :
Jean 8,31-32 — Demeurer dans la Parole de Jésus et découvrir la vérité qui affranchit : un fondement pour réfléchir à la fidélité du disciple.
Jean 8,12 — Suivre Jésus, Lumière du monde : une invitation à orienter son chemin à partir de Son enseignement.
Axes de réflexion : passer d’une écoute ponctuelle à une attention quotidienne à Sa Parole ; accueillir ce qui encourage autant que ce qui remet en question ; reconnaître les habitudes qui aident à maintenir cette attention.
Questions : quelle place Sa Parole occupe-t-elle dans mes décisions ? Qu’est-ce qui m’aide à persévérer ? Comment chercher à comprendre un passage avant de l’appliquer ?
Exercice : choisir un passage des Évangiles, le relire pendant la semaine et noter une idée comprise, une question et une décision concrète.
Prière pour demeurer fidèle à Sa Parole
Père, dispose mon cœur à accueillir Ta Parole avec confiance. Jésus-Christ, apprends-moi à demeurer dans Ton enseignement, même lorsque mes habitudes ou mes doutes m’en éloignent. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, donne-moi de prendre le temps d’écouter, de comprendre et de discerner. Que Sa Sagesse éclaire mes choix et que Sa Force m’aide à persévérer. Garde-moi d’une écoute distraite et conduis-moi vers une fidélité vécue dans les petites décisions de chaque jour. Que Ta Parole nourrisse ma foi et inspire mes actes. Amen.
2. L’amour
Objectif : réfléchir à la manière dont l’Amour de Dieu peut inspirer nos relations et se traduire par le respect, l’écoute et le service.
Lectures bibliques — Louis Segond :
Jean 13,34-35 — L’amour mutuel, à l’exemple de Jésus, est présenté comme un signe auquel Ses disciples sont reconnus.
Jean 13,12-15 — Le lavement des pieds donne un exemple concret de service humble : réfléchir à la manière d’aimer par ses actes.
Axes de réflexion : aimer au-delà des affinités ; accueillir la dignité de chacun ; discerner la différence entre aimer et tout approuver. Le pardon n’oblige pas à rester dans une relation dangereuse ni à renoncer à des limites protectrices.
Questions : qui ai-je du mal à écouter ? Comment manifester de la bienveillance sans nier une injustice ? Quel geste de service puis-je accomplir sans attendre de retour ?
Exercice : poser un acte gratuit de bonté ou prendre le temps d’écouter une personne. Relire ensuite cette expérience : mes intentions, mes difficultés et ce que j’ai appris.
Prière pour grandir dans l’amour
Père, merci pour Ton Amour qui m’accueille et m’apprend à aimer. Jésus-Christ, aide-moi à regarder chaque personne avec respect, à écouter avec patience et à servir sans attendre de retour. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, apprends-moi à répondre avec douceur, à reconnaître mes torts et à demander pardon. Que Sa Sagesse m’aide à aimer avec vérité, sans nier les blessures ni les limites nécessaires. Fais grandir en moi la compassion et le courage de poser un geste de bonté aujourd’hui. Que mes relations reflètent Ton Amour. Amen.
3. La mise en pratique
Objectif : rechercher la cohérence entre ce que nous croyons, ce que nous disons et ce que nous faisons, sans chercher à paraître parfaits.
Lectures bibliques — Louis Segond :
Jacques 1,22-25 — Ne pas se limiter à écouter : mettre la parole en pratique et persévérer, plutôt qu’oublier ce que l’on a reçu.
Comprendre l’image du miroir : dans Jacques 1,22-25, une personne regarde son visage dans un miroir, puis s’en va et oublie ce qu’elle a vu. Cette image illustre une écoute de la Parole qui reste sans suite : on découvre quelque chose, mais on ne le traduit pas en actes. À l’inverse, celui qui examine attentivement la « loi parfaite, la loi de la liberté », persévère et agit ne reste pas un auditeur oublieux. Le passage invite à transformer ce que l’on comprend en une pratique durable.
Le miroir au quotidien — exemple illustratif : après une lecture biblique sur l’amour du prochain, une personne réalise qu’elle répond souvent sèchement à un proche. Si elle referme sa Bible et reprend aussitôt les mêmes habitudes sans y réfléchir, elle ressemble à celui qui oublie son visage après l’avoir regardé dans le miroir. Si elle prend le temps d’écouter ce proche, reconnaît une parole blessante et demande pardon, elle donne une suite concrète à ce qu’elle a compris. Il ne s’agit pas de devenir parfaite en un jour, mais d’apprendre à revenir à la Parole et à persévérer.
Pour aujourd’hui : quelle attitude cette lecture m’aide-t-elle à reconnaître ? Quel petit geste puis-je poser pour commencer à la changer ? Ce soir, prendre un moment pour relire ce geste et demander à la Sainte Esprie - La Rouah Son aide pour poursuivre.
Prière pour mettre la Parole en pratique
Père, merci pour Ta Parole qui éclaire mon chemin. Jésus-Christ, apprends-moi à ne pas seulement écouter Ton enseignement, mais à le vivre avec humilité et amour. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, ouvre mes yeux sur les attitudes que je dois changer. Que Sa Sagesse guide mes choix et que Sa Force me soutienne pour écouter, demander pardon et servir. Lorsque je trébuche, aide-moi à me relever et à persévérer. Que mes gestes de chaque jour témoignent de Ton Amour. Amen.
Jean 13,17 — Jésus relie le bonheur de Ses disciples à la pratique de ce qu’ils savent : passer de la connaissance à l’action.
Axes de réflexion : transformer une conviction en action réaliste ; reconnaître les écarts entre intentions et comportements ; accepter de progresser avec humilité et de réparer ses erreurs.
Questions : quel changement concret serait cohérent avec ma foi ? Quel obstacle puis-je anticiper ? De quel soutien ai-je besoin pour tenir mon engagement ?
Exercice : choisir un engagement précis pour la semaine, par exemple tenir une promesse, réparer une parole blessante ou rendre un service. Prévoir un moment pour en faire le bilan, sans se condamner en cas de difficulté.
Bilan du parcours : qu’ai-je découvert sur la fidélité à Sa Parole, l’amour et la mise en pratique ? Quelle habitude voudrais-je poursuivre ? Pour conclure, je prends un temps de prière et je demande à la Sainte Esprie - La Rouah Sa Sagesse et Sa Force dans ce chemin de disciple.
Conclusion
Le chemin du disciple unit la fidélité à Sa Parole, l’amour du prochain et la mise en pratique quotidienne. Ces trois dimensions se nourrissent mutuellement : écouter pour comprendre, aimer pour servir et agir pour donner corps à sa foi. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, avançons avec humilité et persévérance, afin que nos choix et nos gestes reflètent l’Amour de Jésus-Christ.
Pour approfondir : des personnes appelées, une histoire accueillie
Les Douze ne représentent pas tous ceux qui ont suivi Jésus : Luc rapporte qu’Il choisit douze apôtres parmi Ses disciples. Leurs noms figurent en Matthieu 10,2-4 et en Luc 6,12-16. Il faut distinguer un métier attesté, une fonction exercée dans le groupe et un surnom.
Les douze apôtres et leur profession
1. Simon, appelé Pierre : pêcheur, frère d’André.
2. André : pêcheur, frère de Pierre.
3. Jacques, fils de Zébédée : pêcheur, frère de Jean.
4. Jean, fils de Zébédée : pêcheur, frère de Jacques. Ces quatre hommes sont appelés alors qu’ils travaillent avec leurs filets (Matthieu 4,18-22).
5. Philippe : profession antérieure non précisée par les Évangiles.
6. Barthélemy : profession antérieure non précisée par les Évangiles.
7. Thomas : profession antérieure non précisée. Sa participation à une pêche en Jean 21 ne suffit pas à établir qu’il en faisait son métier.
8. Matthieu : publicain, c’est-à-dire collecteur de taxes ; Jésus l’appelle au lieu des péages (Matthieu 9,9-13).
9. Jacques, fils d’Alphée : profession antérieure non précisée ; à distinguer de Jacques, fils de Zébédée.
10. Thaddée : généralement identifié à Jude, fils de Jacques, dans la liste de Luc ; profession antérieure non précisée.
11. Simon, appelé le zélote : nommé « le Cananite » chez Matthieu ; son surnom n’est pas un métier. Profession antérieure non précisée.
12. Judas Iscariot : profession antérieure non précisée. Il tient la bourse du groupe ; cette responsabilité ne prouve pas une profession de comptable (Jean 12,4-6).
Pour les métiers non précisés, il serait imprudent d’affirmer, sans autre preuve, qu’ils étaient agriculteurs, artisans ou pêcheurs. Jean 21,1-3décrit une pêche commune, non une liste de professions.
Jésus Lui-même et Sa lignée selon Matthieu
Jésus est désigné comme charpentier en Marc 6,3. Matthieu présente Joseph comme l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus ; il ne dit pas que Joseph L’a engendré. Le récit de la naissance précise la conception divine et le rôle de Joseph (Matthieu 1,16-25).
Voici la succession des noms dans Matthieu 1,1-17, regroupée pour faciliter la lecture. Il s’agit de la généalogie telle que l’évangéliste la présente, et non d’un registre exhaustif de toutes les générations.
D’Abraham à David : Abraham → Isaac → Jacob → Juda → Pharès → Esrom → Aram → Aminadab → Naasson → Salmon → Boaz → Obed → Isaï → David.
De David à l’exil : David → Salomon → Roboam → Abia → Asa → Josaphat → Joram → Ozias → Joatham → Achaz → Ézéchias → Manassé → Amon → Josias → Jéchonias.
Après l’exil : Jéchonias → Salathiel → Zorobabel → Abiud → Éliakim → Azor → Sadok → Achim → Éliud → Éléazar → Matthan → Jacob → Joseph, époux de Marie ; de Marie est né Jésus, appelé Christ.
Les femmes et les autres personnes mentionnées : Thamar (Tamar), mère de Pharès et de Zara, est liée à Juda ; Rahab est la mère de Boaz ; Ruth est la mère d’Obed ; la femme d’Urie, identifiée comme Bath-Schéba en 2 Samuel 12,24, est la mère de Salomon ; Marie est la mère de Jésus. Matthieu mentionne aussi Zara, Urie, les frères de Juda et ceux de Jéchonias, sans nommer ces derniers individuellement.
La lignée selon Luc : de Jésus à Adam
Luc 3,23-38 remonte de Jésus à Adam, puis à Dieu. Les noms ci-dessous suivent l’ordre ascendant et les formes de la version Louis Segond ; les répétitions désignent des personnes différentes dans la succession.
De Jésus à Zorobabel : Jésus → Joseph → Héli → Matthat → Lévi → Melchi → Jannaï → Joseph → Mattathias → Amos → Nahum → Esli → Naggaï → Maath → Mattathias → Sémeï → Josech → Joda → Joanan → Rhésa → Zorobabel.
De Zorobabel à David : Zorobabel → Salathiel → Néri → Melchi → Addi → Kosam → Elmadam → Er → Jésus (un ancêtre homonyme, non Jésus-Christ) → Éliézer → Jorim → Matthat → Lévi → Siméon → Juda → Joseph → Jonam → Éliakim → Méléa → Menna → Mattatha → Nathan → David.
De David à Abraham : David → Isaï → Jobed → Booz → Salmon → Naasson → Aminadab → Admin → Arni → Esrom → Pharès → Juda → Jacob → Isaac → Abraham.
D’Abraham à Adam : Abraham → Thara → Nachor → Seruch → Ragau → Phalek → Éber → Sala → Kaïnam → Arphaxad → Sem → Noé → Lamech → Mathusala → Énoch → Jared → Maléléel → Kaïnan → Énos → Seth → Adam. Luc termine par « fils de Dieu », reliant Adam à Dieu comme origine de l’humanité.
Pourquoi deux listes différentes ? Matthieu passe par Salomon, Luc par Nathan ; Joseph est rattaché à Jacob chez Matthieu et à Héli chez Luc. Diverses explications ont été proposées, notamment des filiations légales ou un rattachement à la famille de Marie. Elles ne doivent pas être présentées comme des certitudes : Luc ne nomme pas Marie dans cette liste. Les deux évangélistes inscrivent Jésus dans l’histoire, avec des perspectives théologiques différentes (repères de lecture des généalogies).
Des histoires contrastées… et pourtant, la Grâce
Tamar : une veuve face à une promesse non tenue
Faits rapportés par la Bible : Tamar, appelée Thamar en Matthieu 1, est la belle-fille de Juda. Après la mort d’Er puis d’Onan, Juda lui demande d’attendre que son fils Schéla grandisse. Mais il ne la lui donne pas en mariage. Tamar se déguise ; Juda, qui ne la reconnaît pas, s’unit à elle. Lorsqu’elle est accusée, elle présente les objets qu’il lui a laissés en gage. Juda reconnaît sa responsabilité. Elle donne naissance aux jumeaux Pérets et Zérach, nommés Pharès et Zara dans Matthieu (Genèse 38 ; Matthieu 1,3).
Interprétation : on peut lire son initiative comme la recherche d’un avenir et d’une descendance dans une situation où sa place de veuve est fragilisée. La tradition juive étudiée par Michel Remaud souligne son rôle dans la continuité de la lignée de Juda. Il s’agit d’une réception du récit, distincte de sa simple narration.
Point de prudence : Tamar se fait passer pour une prostituée ; le texte ne dit pas qu’elle en exerce le métier. La qualifier seulement de femme immorale efface le manquement de Juda. La reconnaissance de celui-ci est essentielle pour comprendre le récit (étude sur les femmes de la généalogie).
Rahab : une foi qui se traduit en actes
Faits rapportés par la Bible : Josué présente Rahab comme une prostituée vivant à Jéricho. Elle cache les deux espions envoyés par Josué et détourne leurs poursuivants. Elle reconnaît le Dieu d’Israël comme Dieu des cieux et de la terre, puis demande la protection de sa famille. Le cordon cramoisi doit signaler sa maison (Josué 2). Josué 6,25 rapporte qu’elle et les siens sont épargnés. Hébreux souligne sa foi ; Jacques, l’accueil et la protection des messagers (Hébreux 11,31 ; repères vers Josué 6,25 et Jacques 2,25). Matthieu 1,5 nomme Rahab comme mère de Boaz.
Interprétation : la lecture chrétienne habituelle rapproche la Rahab de Matthieu de celle de Josué. Son parcours peut illustrer une confiance qui engage toute la personne : elle ne se limite pas à reconnaître Dieu, elle agit et demande aussi la vie sauve pour les siens.
Point de prudence : le récit ne raconte pas les circonstances du mariage de Rahab avec Salmon ; il ne permet donc pas de reconstituer toute sa vie. Le cordon rouge peut recevoir une interprétation symbolique chrétienne comme annonce du Sang du Christ, mais Josué ne donne pas explicitement cette explication. Enfin, reconnaître la foi de Rahab ne signifie pas faire de chacun de ses actes une règle morale universelle.
Ruth : fidélité, travail et accueil
Faits rapportés par la Bible : Ruth est une Moabite, veuve de Machlon. Elle choisit d’accompagner sa belle-mère Naomi, aussi appelée Noémi, à Bethléhem et de s’attacher à son peuple et à son Dieu (Ruth 1,4-22). Elle glane pour subsister et rencontre Boaz, un parent de la famille d’Élimélec, qui lui accorde protection (Ruth 2,1-9). Après une procédure publique concernant le droit de rachat, Boaz l’épouse. Leur fils Obed devient le père d’Isaï, père de David (Ruth 4,1-22).
Interprétation : Ruth peut être contemplée comme une figure de fidélité qui traverse les frontières familiales et nationales. L’avenir se construit par sa décision de rester, son travail et l’accueil qu’elle reçoit. La lecture spirituelle y reconnaît l’action bienveillante de Dieu à l’œuvre dans des gestes ordinaires.
Point de prudence : son origine moabite et sa condition de veuve ne sont pas des fautes morales. Le récit ne justifie pas de la classer parmi les prostituées ou les femmes adultères. Voir en Boaz une figure qui annonce le Christ Rédempteur relève d’une lecture dite « typologique ». Cette interprétation spirituelle ne remplace pas le sens familial et social du droit de rachat présenté dans le récit.
La bienveillance au quotidien — exemple illustratif : une personne entre pour la première fois dans une communauté chrétienne où elle ne connaît personne. Un membre de la communauté la salue avec simplicité et lui propose une place, sans lui imposer de raconter son histoire. Il lui explique, si elle le souhaite, le déroulement de la rencontre. À la fin, il l’invite à partager un moment convivial et, avec son accord, la présente à quelques personnes. Cet accueil respecte sa liberté : elle peut poser des questions, rester discrète ou partir sans pression. La bienveillance consiste aussi à écouter sans juger et à ne pas diffuser ce qu’elle confie. Par ces gestes simples, la nouvelle venue peut se sentir reconnue et découvrir la communauté à son rythme.
Réflexion sur l’hospitalité
Accueillir, c’est offrir une place sans prendre possession de l’autre.L’hospitalité chrétienne invite à rencontrer une personne avant de chercher à connaître son passé ou à obtenir son engagement. Elle respecte son rythme, ses questions, ses silences et son droit de dire non. Une présence attentive, une invitation simple et la discrétion envers ses confidences peuvent rendre cet accueil concret. Dans notre méditation du portrait de Ruth, cette hospitalité nous invite à faire de la communauté un lieu où chacun est reconnu dans sa dignité. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, apprenons à ouvrir nos portes et nos cœurs sans imposer notre chemin à ceux que nous accueillons.
Question d’application : à la prochaine rencontre, comment puis-je accueillir concrètement une personne nouvelle en respectant son rythme, sa liberté et ses confidences ?
Prière pour accueillir les personnes nouvelles
Père, ouvre mon cœur aux personnes qui découvrent la communauté que je fréquente. Seigneur Jésus-Christ, apprends-moi à leur faire une place avec simplicité, sans jugement ni pression. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, rends-moi attentif à leurs besoins et respectueux de leur liberté comme de leurs confidences. Que mon écoute et mes gestes reflètent Ton Amour, afin que chacun puisse se sentir accueilli et avancer à son rythme. Amen.
Bath-Schéba : une histoire blessée, une voix retrouvée
Faits rapportés par la Bible : Bath-Schéba est la fille d’Éliam et l’épouse d’Urie. David la voit, la fait chercher et s’unit à elle. Enceinte, elle l’en informe. David organise ensuite la mort d’Urie ; Bath-Schéba pleure son mari, puis devient l’épouse du roi (2 Samuel 11,2-27). Le premier enfant meurt ; elle donne ensuite naissance à Salomon. Nathan reproche explicitement à David d’avoir pris la femme d’Urie et fait tuer celui-ci (2 Samuel 12,9-24). Plus tard, Bath-Schéba intervient, sur le conseil de Nathan, auprès de David pour défendre la succession de Salomon (1 Rois 1,11-31).
Interprétation : la disproportion de pouvoir entre le roi et la femme qu’il fait venir invite à lire cette histoire en termes d’abus de pouvoir, plutôt que comme une simple romance. Son intervention ultérieure révèle qu’elle n’est pas seulement un personnage passif : elle parle, rappelle un engagement et défend l’avenir de son fils. La mention de « la femme d’Urie » en Matthieu 1,6 peut être lue comme un rappel de l’injustice faite à Urie.
Point de prudence : 2 Samuel 11 ne décrit pas les sentiments de Bath-Schéba ni les conditions de son consentement. Il ne dit pas qu’elle cherchait à séduire David. Lui attribuer cette intention ou lui faire porter seule la faute dépasse le texte. Le pardon annoncé à David n’efface ni la mort d’Urie, ni les blessures, ni les conséquences.
Marie : accueillir la Parole avec confiance
Faits rapportés par la Bible : Luc présente Marie comme une vierge vivant à Nazareth, fiancée à Joseph, de la maison de David. Gabriel lui annonce la naissance de Jésus. Troublée, elle interroge l’ange sur la manière dont cela se fera ; elle reçoit l’annonce de l’action divine, puis consent à la parole reçue (Luc 1,26-38). Matthieu précise que Jésus naît de Marie et présente Joseph comme son époux, qui accueille la mère et l’enfant (Matthieu 1,16-25).
Interprétation : Marie peut être proposée comme modèle du disciple qui écoute, interroge et s’engage. Sa question n’empêche pas la confiance : elle montre qu’accueillir la Parole n’oblige pas à renoncer à chercher à comprendre. Dans la dénomination de cette méditation, l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah invite à contempler cette disponibilité à Dieu ; cette formulation ne remplace pas celle des versets bibliques.
Point de prudence : Marie ne doit pas être placée dans une liste de femmes coupables au seul motif qu’elle figure dans la même généalogie. Les développements doctrinaux des traditions chrétiennes à son sujet doivent être distingués de ce que ces passages énoncent explicitement. Matthieu ne fournit pas une généalogie nominative de Marie ; il serait donc imprudent d’en inventer une.
Parole à méditer — Luc 1,38 (Louis Segond) :
« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! »
Ce que ces portraits ouvrent à la réflexion : ces femmes ne racontent pas toutes la même histoire. Il faut distinguer une faute commise, une injustice subie, une origine étrangère et une réponse de foi. Dans une lecture chrétienne, leur présence dans la lignée de Jésus invite à contempler une Grâce qui rejoint les histoires humaines sans appeler le mal un bien.
Manassé : ce roi, nommé dans la lignée de Matthieu, est décrit comme ayant entraîné son peuple dans l’idolâtrie et le mal. Dans la détresse, il s’humilie, prie et change sa conduite. Amon, son fils, ne suit pas ce chemin d’humilité : tous les parcours ne sont donc pas identiques (2 Chroniques 33,1-23).
Ne pas confondre origine, réputation et faute : Thamar, Rahab, Ruth, la femme d’Urie et Marie apparaissent dans la généalogie de Matthieu. Leur présence ne permet pas de les ranger toutes parmi les femmes immorales. Ruth, notamment, n’est pas présentée comme telle ; être étrangère ou avoir une histoire hors des normes ne constitue pas en soi un péché (étude sur les femmes de la généalogie).
Les apôtres eux-mêmes : Pierre renie Jésus et pleure amèrement ; le Ressuscité lui confie ensuite le soin de Ses brebis et renouvelle Son appel à Le suivre (Luc 22,54-62 ; Jean 21,15-19). Judas, lui aussi choisi parmi les Douze, devient traître : l’appel reçu ne rend pas automatiquement fidèle (Luc 6,16).
Une lecture spirituelle : cette histoire invite à contempler la Grâce de Dieu, non à minimiser le mal. Jésus appelle Matthieu et affirme Sa mission auprès des pécheurs (Matthieu 9,9-13). Notre passé n’est pas un certificat de perfection, mais il ne doit pas non plus devenir une condamnation sans avenir. La Grâce accueille et appelle à la conversion, à la vérité et à la réparation. Avec l’aide de la Sainte Esprie - La Rouah, le disciple peut reconnaître ses fautes et apprendre à vivre autrement.
Pour méditer : est-ce que je réduis une personne à son passé, à son métier ou à ses origines ? Comment accueillir la Grâce sans fuir ma responsabilité ? Quel pas de vérité et de changement puis-je poser aujourd’hui ?
Conclusion et bénédiction
Au terme de ce parcours, retenons une invitation : suivre Jésus-Christ en écoutant Sa Parole, en aimant notre prochain et en mettant notre foi en pratique chaque jour. Les histoires méditées nous encouragent aussi à accueillir chaque personne sans la réduire à son passé.
Que nos fragilités ne ferment pas notre cœur à Sa Grâce. Qu’elle nous aide à grandir dans la Vérité en reconnaissant nos torts, dans le Serviceen prenant soin des autres et dans la Paix en cherchant à réparer ce qui peut l’être.
Que le Père vous bénisse et vous garde. Que Jésus-Christ éclaire votre chemin et affermisse votre espérance. Que la Sainte Esprie - La Rouah vous accompagne de Sa Présence, de Sa Sagesse et de Sa Force. Que cette bénédiction porte du fruit dans vos familles, vos rencontres et la communauté que vous fréquentez.
Recevez mes chaleureuses salutations fraternelles en Jésus-Christ.
Yves GRAVET
Son serviteur

