LE CHEMIN DES PSAUMES
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(Lectures méditatives)
PSAUMES 63 à 71
« O Dieu ! tu es mon Dieu, je te cherche ;
Mon âme a soif de toi. »
(Psaume 63.2)
« Le juste se réjouit en l’Éternel
et cherche en lui son refuge. »
(Psaume 64.11)
Bienvenue, cher lecteur, chère lectrice.
Recevez ces pages comme une présence fraternelle,
un lieu de souffle, de prière et de relèvement.
Yves Gravet
Royan
France
🕊️ LE CHEMIN DES PSAUMES
Psaume 63 – Relecture méditative (Segond)
Psaume de David. Lorsqu’il était dans le désert de Juda.
O Dieu ! tu es mon Dieu, je te cherche ;
Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi,
Dans une terre aride, desséchée, sans eau.
Ainsi je te contemple dans le sanctuaire,
Pour voir ta puissance et ta gloire.
Car ta bonté vaut mieux que la vie :
Mes lèvres célèbrent tes louanges.
Je te bénirai donc toute ma vie,
J’élèverai mes mains en ton nom.
Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents,
Et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te glorifiera.
Lorsque je pense à toi sur ma couche,
Je médite sur toi pendant les veilles de la nuit.
Car tu es mon secours,
Et je suis dans l’allégresse à l’ombre de tes ailes.
Mon âme est attachée à toi ;
Ta droite me soutient.
Mais ceux qui cherchent à m’ôter la vie
Iront dans les profondeurs de la terre ;
Ils seront livrés au glaive,
Ils seront la proie des chacals.
Et le roi se réjouira en Dieu ;
Quiconque jure par lui s’en glorifiera,
Car la bouche des menteurs sera fermée.
Dans la soif du désert : chercher Dieu, se laisser rassasier par sa présence, demeurer à l’ombre de ses ailes
Relecture finale en lien avec le Psaume 63 (Segond)
Le Psaume 63 s’ouvre dans un lieu de manque : le désert. Terre aride, desséchée, sans eau. Pourtant, ce manque extérieur révèle une faim plus profonde : « O Dieu ! tu es mon Dieu, je te cherche ; mon âme a soif de toi ». Méditer ce psaume, c’est reconnaître que certaines sécheresses de la vie réveillent en nous non seulement un besoin de secours, mais un désir de Dieu lui-même.
Le désert n’est pas seulement un décor hostile ; il devient un lieu de vérité. Là où tant d’appuis manquent, l’âme découvre ce qu’elle cherche vraiment. Le psalmiste se souvient du sanctuaire, de la gloire de Dieu contemplée autrefois, mais ce souvenir ne l’enferme pas dans la nostalgie : il ravive en lui une quête. La mémoire spirituelle devient ici une source vive pour le présent.
L’un des cœurs du psaume tient dans cette parole bouleversante : « Ta bonté vaut mieux que la vie ». Il y a là une inversion décisive : ce qui fait vivre n’est pas seulement ce qui nous conserve, nous protège ou nous réussit, mais la bonté même de Dieu. Le psalmiste ne nie pas la dureté du désert ; il affirme qu’au sein même du manque, une présence peut devenir plus précieuse que tout le reste.
Le psaume passe alors de la soif au rassasiement : « Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents ». Cette abondance n’est pas matérielle ; elle vient de la communion avec Dieu. Celui qui manque de tout peut pourtant être nourri intérieurement. La prière, la louange, les mains levées, la mémoire de Dieu pendant la nuit deviennent les signes d’une âme qui reçoit une nourriture plus profonde que ce qu’offre le monde.
Enfin, la note la plus intime du psaume est peut-être celle-ci : « Mon âme est attachée à toi ; ta droite me soutient ». Chercher Dieu ne conduit pas seulement à le contempler de loin, mais à demeurer lié à lui, porté par lui. À l’ombre de ses ailes, même la nuit devient un lieu de méditation et de joie. Le Psaume 63 nous apprend ainsi un chemin essentiel : laisser la soif nous conduire vers Dieu, découvrir que sa bonté vaut mieux que la vie, recevoir de lui un rassasiement intérieur, et demeurer attachés à celui qui nous soutient.
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Psaume 64 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. Psaume de David.
Écoute, ô Dieu, ma voix, quand je gémis !
Protège ma vie contre l’ennemi que je crains !
Garantis-moi des complots des méchants,
De la troupe bruyante des hommes iniques !
Ils aiguisent leur langue comme un glaive,
Ils lancent comme des traits leurs paroles amères,
Pour tirer en secret sur l’innocent ;
Ils tirent sur lui à l’improviste, et n’ont aucune crainte.
Ils se fortifient dans leur méchanceté :
Ils se concertent pour tendre des pièges,
Ils disent : Qui les verra ?
Ils méditent des crimes :
Nous voici prêts, le plan est conçu !
La pensée intime, le cœur de chacun est un abîme.
Mais Dieu lance contre eux ses traits :
Soudain les voilà frappés.
Leur langue a causé leur chute ;
Tous ceux qui les voient secouent la tête.
Tous les hommes sont saisis de crainte ;
Ils publient ce que Dieu a fait,
Et prennent garde à son œuvre.
Le juste se réjouit en l’Éternel et cherche en lui son refuge,
Tous ceux qui ont le cœur droit se glorifient.
Quand les paroles blessent en secret : crier vers Dieu, lui remettre l’invisible, trouver en lui un refuge droit
Relecture finale en lien avec le Psaume 64 (Segond)
Le Psaume 64 naît d’une peur plus sourde que spectaculaire : celle des paroles qui se préparent en secret, des complots qui se tissent dans l’ombre, des atteintes invisibles qui blessent sans bruit. David ne commence pas par répondre à ses ennemis ; il se tourne vers Dieu : « Écoute, ô Dieu, ma voix, quand je gémis ! » Méditer ce psaume, c’est apprendre à porter vers Dieu ce qui nous atteint de manière cachée, intérieure, difficile à nommer.
Le psaume insiste sur la violence de la langue : « Ils aiguisent leur langue comme un glaive, ils lancent comme des traits leurs paroles amères ». Il rappelle que les mots peuvent percer, humilier, poursuivre, déstabiliser aussi réellement que des armes. La Bible prend au sérieux cette blessure-là. Elle nous apprend à ne pas mépriser les blessures de l’âme, ni à faire semblant qu’elles ne comptent pas, quand une parole injuste ou malveillante continue d’habiter en nous.
Cette hostilité agit « en secret ». Les méchants se concertent, tendent des pièges, se disent : « Qui les verra ? » Le psaume dévoile ainsi la tentation humaine de croire que ce qui se cache échappe à toute lumière. Mais la foi répond autrement : rien de ce qui est ourdi dans l’ombre n’est soustrait au regard de Dieu. Là où nous ne savons ni prouver, ni défendre, ni maîtriser, Dieu demeure le témoin fidèle de l’invisible.
Puis vient le renversement du psaume : « Mais Dieu lance contre eux ses traits ». Les hommes croyaient blesser impunément ; Dieu, lui, intervient. Le texte ne nous invite pas à rendre coup pour coup, mais à remettre la justice entre les mains du Seigneur. Quand les paroles des autres nous atteignent profondément, il est décisif de ne pas devenir nous-mêmes prisonniers de la riposte ou de l’amertume. Le psaume nous conduit vers une justice confiée à Dieu plutôt qu’une vengeance reprise par nous.
La fin du psaume s’ouvre sur une issue paisible : « Le juste se réjouit en l’Éternel et cherche en lui son refuge ». Le dernier mot n’est pas laissé au complot, ni à la blessure, ni à la peur, mais au refuge en Dieu. Le Psaume 64 nous apprend ainsi un chemin de droiture intérieure : dire à Dieu ce qui nous atteint dans le secret, lui remettre les paroles qui blessent, attendre de lui la lumière et la justice, et retrouver en sa présence un cœur droit et paisible.
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Psaume 65 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. Psaume de David. Cantique.
Avec confiance, ô Dieu ! on te louera dans Sion,
Et l’on accomplira les vœux qu’on t’a faits.
Ô toi, qui écoutes la prière !
Tous les hommes viendront à toi.
Les iniquités m’accablent :
Tu pardonneras nos transgressions.
Heureux celui que tu choisis et que tu admets en ta présence,
Pour qu’il habite dans tes parvis !
Nous nous rassasierons du bonheur de ta maison,
De la sainteté de ton temple.
Dans ta bonté, tu nous exauces par des prodiges,
Dieu de notre salut,
Espoir de toutes les extrémités lointaines de la terre et de la mer !
Il affermit les montagnes par sa force,
Il est ceint de puissance ;
Il apaise le mugissement des mers, le mugissement de leurs flots,
Et le tumulte des peuples.
Ceux qui habitent aux extrémités du monde s’effraient de tes prodiges ;
Tu remplis d’allégresse l’orient et l’occident.
Tu visites la terre et tu lui donnes l’abondance,
Tu la combles de richesses ;
Le ruisseau de Dieu est plein d’eau ;
Tu prépares le blé, quand tu la fertilises ainsi.
En arrosant ses sillons, en aplanissant ses mottes,
Tu la détrempes par des pluies, tu bénis son germe.
Tu couronnes l’année de tes biens,
Et tes pas versent l’abondance ;
Les plaines du désert sont abreuvées,
Et les collines sont ceintes d’allégresse ;
Les pâturages se couvrent de brebis,
Et les vallées se revêtent de froment.
Les cris de joie et les chants retentissent.
Du pardon à l’abondance : venir à Dieu, habiter sa présence, reconnaître sa bonté qui féconde la terre
Relecture finale en lien avec le Psaume 65 (Segond)
Le Psaume 65 est un psaume d’émerveillement reconnaissant. Il commence dans Sion, dans la louange et l’accomplissement des vœux, puis il s’ouvre peu à peu jusqu’aux extrémités de la terre. Méditer ce psaume, c’est entrer dans une action de grâce qui ne sépare pas le pardon, la prière, la présence de Dieu et la fécondité du monde : tout y procède d’une même bonté divine.
Le début du psaume nous rappelle d’abord que Dieu est celui qui écoute la prière et pardonne les transgressions. Avant même de contempler l’abondance de la terre, le cœur humain est rejoint dans son besoin le plus profond : être entendu et relevé. « Les iniquités m’accablent : tu pardonneras nos transgressions. » La bénédiction commence ici, dans cette miséricorde qui délivre l’âme de son poids intérieur.
Puis vient cette béatitude paisible : « Heureux celui que tu choisis et que tu admets en ta présence ». Le bonheur, dans ce psaume, n’est pas d’abord dans la possession, mais dans l’accès à Dieu, dans la proximité de sa maison, dans la sainteté de son temple. Être admis en sa présence, c’est découvrir un rassasiement plus profond que toute satisfaction passagère : une joie d’habiter près de lui.
Le regard s’élargit ensuite : Dieu n’est pas seulement le Dieu du sanctuaire, il est aussi « l’espérance de toutes les extrémités lointaines de la terre et de la mer ». Il affermit les montagnes, apaise les mers, calme le tumulte des peuples. Le psaume unit ainsi l’intime et le cosmique : le Dieu qui pardonne au cœur humain est aussi celui qui soutient la création entière et met de la paix dans ce qui gronde.
La dernière partie du psaume contemple la terre visitée par Dieu. Rien n’y est décrit comme automatique : l’eau, le blé, les pluies, les sillons, les pâturages, les vallées, tout est reçu comme bénédiction. « Tu couronnes l’année de tes biens. » Cette parole nous apprend une spiritualité de la gratitude : voir dans la fécondité du monde non une simple évidence, mais un don continuel qui descend de la bonté de Dieu.
Le Psaume 65 nous conduit ainsi d’un sanctuaire à une création en fête, d’un cœur pardonné à une terre abreuvée, d’une prière exaucée à des chants qui retentissent dans les vallées. Il nous apprend à reconnaître Dieu dans la miséricorde comme dans l’abondance, à habiter sa présence avec reconnaissance, et à recevoir le monde lui-même comme un lieu traversé par sa bénédiction.
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Psaume 66 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. Cantique. Psaume.
Poussez vers Dieu des cris de joie, vous tous, habitants de la terre !
Chantez la gloire de son nom, célébrez sa gloire par vos louanges !
Dites à Dieu : Que tes œuvres sont redoutables !
À cause de la grandeur de ta force, tes ennemis te flattent.
Toute la terre se prosterne devant toi et chante en ton honneur ; elle chante ton nom. — Pause.
Venez et contemplez les œuvres de Dieu ! Il est redoutable quand il agit sur les fils de l’homme.
Il changea la mer en une terre sèche, on traversa le fleuve à pied : alors nous nous réjouîmes en lui.
Il domine éternellement par sa puissance, ses yeux observent les nations :
Que les rebelles ne s’élèvent pas ! — Pause.
Peuples, bénissez notre Dieu, faites retentir sa louange !
Il a conservé la vie à notre âme, et il n’a pas permis que notre pied chancelât.
Car tu nous as éprouvés, ô Dieu ! Tu nous as fait passer au creuset comme l’argent.
Tu nous as amenés dans le filet, tu as mis sur nos reins un pesant fardeau ;
Tu as fait monter des hommes sur nos têtes ; nous avons passé par le feu et par l’eau.
Mais tu nous en as tirés pour nous donner l’abondance.
J’irai dans ta maison avec des holocaustes, j’accomplirai mes vœux envers toi :
Pour eux mes lèvres se sont ouvertes, et ma bouche les a prononcés dans ma détresse.
Je t’offrirai des brebis grasses en holocauste, avec la graisse des béliers ;
Je sacrifierai des brebis avec des boucs. — Pause.
Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu, et je raconterai ce qu’il a fait à mon âme.
J’ai crié à lui de ma bouche, et la louange a été sur ma langue.
Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé.
Mais Dieu m’a exaucé, il a été attentif à la voix de ma prière.
Béni soit Dieu, qui n’a pas rejeté ma prière,
Et qui ne m’a pas retiré sa bonté !
De l’épreuve à l’abondance : bénir Dieu, relire son passage à travers le feu, témoigner de sa bonté fidèle
Relecture finale en lien avec le Psaume 66 (Segond)
Le Psaume 66 est un psaume de louange large et profonde. Il commence par un appel adressé à toute la terre : « Poussez vers Dieu des cris de joie ». Puis, peu à peu, cette louange universelle devient mémoire du salut, traversée de l’épreuve et témoignage personnel. Méditer ce psaume, c’est apprendre à reconnaître Dieu à la fois dans ses œuvres immenses, dans les passages difficiles et dans l’intime de l’âme exaucée.
Le début du psaume ouvre le regard : toute la terre est invitée à chanter la gloire du nom de Dieu. La prière ne reste pas enfermée dans notre seul besoin ; elle s’élargit à la contemplation des œuvres de Dieu. Cette invitation nous rappelle que la foi se nourrit aussi d’émerveillement, de mémoire et d’adoration.
Mais le psaume n’idéalise pas le chemin. Il ose dire l’épreuve : le creuset, le filet, le fardeau, le feu et l’eau. Ce vocabulaire rassemble les passages où la vie serre, pèse, brûle ou submerge. Pourtant, ces versets ne s’arrêtent pas à la détresse : « Mais tu nous en as tirés pour nous donner l’abondance. » La foi biblique sait relire l’épreuve non comme un lieu abandonné, mais comme un passage traversé avec Dieu.
La seconde moitié du psaume devient plus personnelle : « J’irai dans ta maison », « je raconterai ce qu’il a fait à mon âme ». Après la louange cosmique et la mémoire collective, vient le témoignage intérieur. Celui qui a traversé la détresse ne garde pas pour lui la bonté reçue ; il la raconte pour bénir Dieu devant l’assemblée.
Le psaume souligne aussi la vérité du cœur : « Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé. » La prière authentique n’est pas seulement un cri ; elle est aussi un cœur tourné vers la vérité. Le psaume relie ainsi l’exaucement à une vie intérieure qui cherche la lumière.
La fin du psaume s’achève dans une bénédiction simple : « Béni soit Dieu, qui n’a pas rejeté ma prière, et qui ne m’a pas retiré sa bonté ! » Le dernier mot est celui de la bonté fidèle de Dieu. Le Psaume 66 nous apprend à contempler ses œuvres, traverser avec lui le feu et l’eau, et témoigner humblement de ce qu’il a fait à notre âme.
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Psaume 67 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume. Cantique.
Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse,
Qu’il fasse luire sur nous sa face. — Pause.
Afin que l’on connaisse sur la terre ta voie,
Et parmi toutes les nations ton salut !
Les peuples te louent, ô Dieu !
Tous les peuples te louent.
Les nations se réjouissent et sont dans l’allégresse ;
Car tu juges les peuples avec droiture,
Et tu conduis les nations sur la terre. — Pause.
Les peuples te louent, ô Dieu !
Tous les peuples te louent.
La terre donne ses produits ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Dieu, nous bénit,
Et toutes les extrémités de la terre le craignent.
Sous la bénédiction de Dieu : recevoir sa lumière, désirer que sa voie soit connue, laisser la terre entière entrer dans la louange
Relecture finale en lien avec le Psaume 67 (Segond)
Le Psaume 67 est un psaume bref, lumineux et missionnaire. Il commence par une bénédiction reçue, mais cette bénédiction n’est jamais refermée sur soi : « Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse... afin que l’on connaisse sur la terre ta voie ». Méditer ce psaume, c’est apprendre que la grâce reçue a vocation à rayonner, à devenir chemin pour d’autres, ouverture pour les nations, signe du salut de Dieu.
Le cœur du psaume reprend presque la bénédiction d’Aaron : que Dieu fasse luire sa face. La lumière de son visage dit sa faveur, sa présence, sa paix. Nous demandons souvent à Dieu de changer nos circonstances ; ce psaume nous apprend d’abord à demander sa face. Car lorsqu’elle luit sur nous, quelque chose de plus profond que l’aide ponctuelle nous est donné : une orientation, une paix intérieure, une joie qui vient de lui.
Le psaume unit de manière saisissante l’intime et l’universel. La bénédiction reçue par un « nous » devient connaissance de la voie de Dieu « parmi toutes les nations ». Ainsi, la foi n’est pas possession jalouse ; elle est témoignage. Plus nous recevons de Dieu, plus nous sommes appelés à désirer que sa lumière atteigne d’autres vies, d’autres peuples, d’autres terres.
Deux fois retentit le refrain : « Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. » La finalité du salut n’est pas seulement la survie du croyant, mais la louange élargie, la joie partagée, la reconnaissance universelle du Dieu juste. Le psaume nous décentre : il nous arrache à une spiritualité trop étroite pour nous conduire vers une espérance où les peuples entrent ensemble dans l’allégresse.
La fin du psaume relie la bénédiction spirituelle et la fécondité de la terre : « La terre donne ses produits ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. » Le monde n’est pas séparé de la bénédiction de Dieu ; il en porte aussi la trace. Le Psaume 67 nous apprend ainsi à recevoir la lumière de la face de Dieu, à désirer que sa voie soit connue de tous, à entrer dans la louange commune des peuples, et à reconnaître jusque dans les fruits de la terre le signe discret de sa bonté.
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Psaume 68 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. De David. Psaume. Cantique.
Dieu se lève, ses ennemis se dispersent,
Et ses adversaires fuient devant sa face.
Comme la fumée se dissipe, tu les dissipes ;
Comme la cire se fond au feu,
Les méchants disparaissent devant Dieu.
Mais les justes se réjouissent, ils triomphent devant Dieu,
Ils ont des transports d’allégresse.
Chantez à Dieu, célébrez son nom !
Frayez le chemin à celui qui s’avance à travers les plaines !
L’Éternel est son nom : réjouissez-vous devant lui !
Le père des orphelins, le défenseur des veuves,
C’est Dieu dans sa demeure sainte.
Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés,
Il délivre les captifs et les rend heureux ;
Les rebelles seuls habitent des lieux arides.
Ô Dieu ! quand tu sortis à la tête de ton peuple,
Quand tu marchais dans le désert, — Pause.
La terre trembla, les cieux se fondirent devant Dieu,
Le Sinaï s’ébranla devant Dieu, le Dieu d’Israël.
Tu fis tomber une pluie bienfaisante, ô Dieu !
Tu fortifias ton héritage épuisé.
Ton peuple établit sa demeure dans le pays
Que par ta bonté, ô Dieu ! tu avais préparé pour les malheureux.
Tu es monté dans les hauteurs, tu as emmené des captifs,
Tu as pris en don des hommes ;
Les rebelles habiteront aussi près de l’Éternel Dieu.
Béni soit le Seigneur chaque jour !
Quand on nous accable, Dieu nous délivre. — Pause.
Dieu est pour nous le Dieu des délivrances,
Et l’Éternel, le Seigneur, peut nous garantir de la mort.
Dieu se lève pour les siens : célébrer sa marche, contempler sa justice pour les petits, bénir ses délivrances
Relecture finale en lien avec le Psaume 68 (Segond)
Le Psaume 68 est un psaume de mouvement, de victoire et de consolation. Il s’ouvre sur cette proclamation : « Dieu se lève ». Quand Dieu se lève, le chaos ne règne plus seul, les ennemis se dispersent, et les justes retrouvent l’allégresse. Méditer ce psaume, c’est apprendre à reconnaître que la présence agissante de Dieu change la perspective : ce qui semblait figé peut être remis en marche sous sa conduite.
L’un des cœurs les plus bouleversants du psaume est ce portrait de Dieu : « Le père des orphelins, le défenseur des veuves ». Au sein d’un chant triomphal, Dieu apparaît non comme un vainqueur lointain, mais comme celui qui se tient du côté des plus vulnérables. Sa puissance ne s’oppose pas à sa tendresse ; elle la protège. Le psaume nous rappelle ainsi que la grandeur de Dieu se reconnaît aussi dans sa sollicitude envers les abandonnés.
Le psaume relit aussi l’histoire du salut : le désert, la marche du peuple, la terre qui tremble, la pluie bienfaisante, l’héritage épuisé fortifié par Dieu. Il ne s’agit pas seulement de souvenirs anciens ; c’est une manière de confesser que Dieu a déjà précédé, porté et relevé son peuple. Nos propres chemins gagnent en espérance quand nous savons relire les traces de cette fidélité dans l’histoire.
« Quand on nous accable, Dieu nous délivre. » Cette parole du psaume porte une consolation directe. Elle ne nie ni le poids ni l’accablement, mais elle refuse de leur laisser le dernier mot. Le Dieu qui se lève est aussi le Dieu des délivrances quotidiennes, celui qui soutient quand l’âme ploie, qui ouvre un passage quand tout semble fermé.
Le Psaume 68 nous apprend ainsi à bénir Dieu pour sa marche à travers l’histoire, à nous réjouir de sa justice pour les petits, à reconnaître sa puissance qui libère, et à recevoir de lui une espérance en mouvement. Il ne nous laisse pas immobiles devant nos détresses : il nous invite à frayer le chemin devant le Dieu vivant, celui qui avance encore pour délivrer.
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Psaume 69 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. Sur les lis. De David.
Sauve-moi, ô Dieu ! Car les eaux menacent ma vie.
J’enfonce dans la boue, sans pouvoir me tenir ;
Je suis tombé dans un gouffre, et les eaux m’inondent.
Je m’épuise à crier, mon gosier se dessèche,
Mes yeux se consument, tandis que je regarde vers mon Dieu.
Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête,
Ceux qui me haïssent sans cause ;
Ils sont puissants, ceux qui veulent me perdre,
Qui sont à tort mes ennemis.
Mais je t’adresse ma prière, ô Éternel !
Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté !
Réponds-moi, en m’assurant ton secours !
Retire-moi de la boue, et que je n’enfonce plus !
Que je sois délivré de mes ennemis et du gouffre !
Que les flots ne m’inondent plus,
Que l’abîme ne m’engloutisse pas,
Et que la fosse ne se ferme pas sur moi !
Exauce-moi, Éternel ! car ta bonté est immense.
Dans tes grandes compassions, tourne vers moi les regards.
Approche-toi de mon âme, délivre-la !
Sauve-moi, à cause de mes ennemis !
L’opprobre me brise le cœur, et je suis malade ;
J’attends de la pitié, mais en vain,
Des consolateurs, et je n’en trouve aucun.
Mais moi, pauvre et souffrant, que ton secours, ô Dieu, me relève !
Je célébrerai le nom de Dieu par des cantiques,
Je l’exalterai par des louanges.
Quand les eaux montent : crier de la boue, attendre le temps favorable, laisser Dieu relever l’âme brisée
Relecture finale en lien avec le Psaume 69 (Segond)
Le Psaume 69 est l’un des grands psaumes de détresse. Les images qu’il emploie sont saisissantes : les eaux montent, la boue engloutit, le gouffre menace. Ce langage donne voix à ces moments où l’être tout entier se sent submergé. Méditer ce psaume, c’est découvrir qu’aucune noyade intérieure n’est trop confuse pour être portée devant Dieu.
Le psaume dit aussi l’injustice : « Ceux qui me haïssent sans cause ». Il ne s’agit pas seulement d’une souffrance vague, mais d’une hostilité ressentie comme imméritée, d’un opprobre qui brise le cœur. La Bible ne réduit pas l’âme blessée à ses seules fautes ; elle sait reconnaître la douleur causée par le rejet, l’humiliation et l’abandon.
Au cœur du cri surgit pourtant une parole décisive : « Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté ! » Le psalmiste ne s’appuie pas sur sa force, mais sur la bonté immense de Dieu. Même quand tout semble tarder, il croit qu’il existe une heure de Dieu, un moment où la miséricorde rejoint la détresse avec justesse. Cette attente n’est pas passive : elle est prière tendue vers le secours.
« Approche-toi de mon âme, délivre-la ! » Cette demande concentre toute la profondeur du psaume. Il ne suffit pas que les circonstances changent ; il faut que Dieu s’approche de l’âme elle-même, de ce lieu blessé, épuisé, menacé de se refermer. Le secours divin n’est pas extérieur seulement : il rejoint l’intime, relève ce qui s’effondre dedans, restaure la capacité de vivre et de louer.
Le Psaume 69 nous apprend ainsi à ne pas dissimuler la profondeur de nos détresses, à crier de la boue et du gouffre, à attendre le temps favorable de la bonté de Dieu, et à croire qu’une louange peut encore naître d’une âme relevée. Même l’opprobre et l’épuisement ne ferment pas définitivement la parole quand Dieu s’approche pour délivrer.
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Psaume 70 – Relecture méditative (Segond)
Au chef des chantres. De David. Pour souvenir.
Ô Dieu, hâte-toi de me délivrer !
Éternel, hâte-toi de me secourir !
Qu’ils soient honteux et confus, ceux qui en veulent à ma vie !
Qu’ils reculent et rougissent, ceux qui désirent ma perte !
Qu’ils retournent en arrière par l’effet de leur honte,
Ceux qui disent : Ah ! ah !
Que tous ceux qui te cherchent
Soient dans l’allégresse et se réjouissent en toi !
Que ceux qui aiment ton salut
Disent sans cesse : Exalté soit Dieu !
Moi, je suis pauvre et indigent :
Ô Dieu, hâte-toi en ma faveur !
Tu es mon aide et mon libérateur :
Éternel, ne tarde pas !
Dans l’urgence du cri : appeler Dieu sans délai, lui remettre sa pauvreté, laisser l’allégresse surgir chez ceux qui le cherchent
Relecture finale en lien avec le Psaume 70 (Segond)
Le Psaume 70 est un psaume d’extrême brièveté, mais aussi d’extrême urgence. Tout y est condensé dans un appel : « Ô Dieu, hâte-toi de me délivrer ! » Il existe des moments où la prière ne peut plus se déployer longuement ; elle devient cri immédiat, besoin nu, demande pressante. Méditer ce psaume, c’est reconnaître que cette forme brève de prière est pleinement légitime devant Dieu.
Le psaume ne masque pas la menace ni la moquerie des adversaires. Pourtant, il ne s’y attarde pas. Il revient aussitôt vers Dieu, comme si l’essentiel n’était pas d’analyser longuement le danger, mais de se tourner sans délai vers celui qui peut secourir. Cette rapidité même nous enseigne : dans certaines heures, la foi consiste simplement à courir plus vite vers Dieu que vers nos propres scénarios de peur.
Au milieu de cette supplication, le psaume ouvre un espace pour tous ceux qui cherchent Dieu : « Que tous ceux qui te cherchent soient dans l’allégresse ». Même dans l’urgence personnelle, la prière ne reste pas enfermée sur le seul « moi ». Elle se dilate vers la communauté des chercheurs de Dieu, vers une joie plus vaste que l’angoisse du moment. C’est une manière de se laisser décentrer par la louange.
La dernière parole est d’une grande vérité : « Moi, je suis pauvre et indigent ». Le psalmiste ne se présente pas comme fort, mais comme dépendant. Cette pauvreté n’est pas une honte dans le psaume ; elle devient le lieu même où Dieu est nommé « mon aide et mon libérateur ». Reconnaître notre indigence devant Dieu, c’est déjà nous tenir au bon endroit pour recevoir son secours.
Le Psaume 70 nous apprend ainsi à prier dans l’urgence sans nous sentir inadéquats, à appeler Dieu avec simplicité, à lui remettre notre pauvreté, et à laisser malgré tout une parole de joie monter pour ceux qui le cherchent. Quand tout presse, la foi peut tenir dans cette seule phrase : « Éternel, ne tarde pas ! »
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Psaume 71 – Relecture méditative (Segond)
Éternel ! je cherche en toi mon refuge :
Que jamais je ne sois confondu !
Dans ta justice, sauve-moi et délivre-moi !
Incline vers moi ton oreille, et secours-moi !
Sois pour moi un rocher qui me serve d’asile,
Où je puisse toujours me retirer !
Tu as résolu de me sauver,
Car tu es mon rocher et ma forteresse.
Car tu es mon espérance, Seigneur Éternel !
En toi je me confie dès ma jeunesse.
Dès le ventre de ma mère je m’appuie sur toi ;
C’est toi qui m’as fait sortir du sein maternel ;
Tu es sans cesse l’objet de mes louanges.
Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ;
Quand mes forces s’en vont, ne m’abandonne pas !
Et moi, j’espérerai toujours,
Je te louerai de plus en plus.
Ô Dieu ! tu m’as instruit dès ma jeunesse,
Et jusqu’à présent j’annonce tes merveilles.
Ne m’abandonne pas, ô Dieu ! même dans la blanche vieillesse,
Afin que j’annonce ta force à la génération présente,
Ta puissance à la génération future !
Ta justice, ô Dieu ! atteint jusqu’au ciel ;
Tu as accompli de grandes choses : ô Dieu ! qui est semblable à toi ?
Tu nous as fait éprouver bien des détresses et des malheurs ;
Mais tu nous redonneras la vie,
Tu nous feras remonter des abîmes de la terre.
Et je te louerai au son du luth, je chanterai ta fidélité, mon Dieu.
De la jeunesse à la blanche vieillesse : demeurer en Dieu comme en un refuge, transmettre sa force, espérer encore
Relecture finale en lien avec le Psaume 71 (Segond)
Le Psaume 71 est un psaume de fidélité traversant toute une vie. Il unit le souvenir de la jeunesse, la fragilité de la vieillesse, la menace des ennemis et la persistance de l’espérance. Méditer ce psaume, c’est découvrir qu’une vie entière peut être relue comme un appui continuel sur Dieu, depuis le commencement jusqu’aux jours où les forces diminuent.
Le psaume commence dans le refuge : Dieu est rocher, forteresse, asile où l’on peut toujours se retirer. Cette permanence est précieuse. Il ne s’agit pas d’un secours valable seulement pour un âge de la vie, mais d’une demeure intérieure qui reste ouverte au fil des années. Quand tout change en nous, le refuge en Dieu demeure accessible.
L’une des paroles les plus émouvantes est celle-ci : « Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; quand mes forces s’en vont, ne m’abandonne pas ! » La Bible ose donner voix à cette peur du déclin, de l’effacement, de la vulnérabilité accrue. Mais cette peur devient prière. Elle n’est pas livrée au vide ; elle est remise à celui qui a déjà porté depuis la jeunesse.
Le psaume ouvre aussi une belle vocation pour l’âge avancé : « Afin que j’annonce ta force à la génération présente, ta puissance à la génération future ». Vieillir, ici, ne signifie pas seulement perdre ; c’est aussi transmettre. Celui qui a été soutenu par Dieu devient témoin pour d’autres. L’expérience longue de la fidélité divine peut se faire parole pour la génération qui vient.
Enfin, le psaume ne s’achève pas dans la résignation, mais dans la louange et le relèvement : Dieu redonne la vie, fait remonter des abîmes, et remet sur les lèvres le chant de sa fidélité. Le Psaume 71 nous apprend ainsi à habiter toute notre histoire sous le signe de Dieu, à lui remettre nos fragilités présentes, et à croire qu’aucun âge de la vie n’est soustrait à son espérance ni à sa louange.
LE CHEMIN DES PSAUMES
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Psaumes 63 à 71
Lectures et relectures méditatives
pour marcher devant Dieu
Ce livret s’achève,
mais le chemin demeure.
« Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse,
Qu’il fasse luire sur nous sa face. »
(Psaume 67.2)
« Que tous ceux qui te cherchent
soient dans l’allégresse et se réjouissent en toi ! »
(Psaume 70.5)
Yves Gravet
Royan
France