Association Vie Comblée

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samedi 12 avril 2014

48 Le fond et la forme

RUBRIQUE DE L’EGLISE DES VAINQUEURS : 

48
LE FOND ET LA FORME


INTRODUCTION

« Dieu,… à la fin des jours… nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de tout par qui il a fait les ères ; lui (le Fils) qui est le resplendissement (apaugasma = reflet, rayonnement, éclat) de sa (de celle de Dieu le Père) gloire et la caractère (charakter= caractéristique, caractère, empreinte, expression) de sa substance (upostasis = substance, base, fondement, contenu, fond, profondeur, être, nature, l’âme, ce qui est au fond de l’âme, réalité profonde, confiance inébranlable ; upo = sous, à l’origine, par le fait de ; stasis stabilité, fermeté, résistance, qui se tient, état immuable, existence) portant le tout par la parole de la puissance (rhèmati tès dunameos = parole, langage de la puissance, force, du pouvoir, discours, événement, parole dynamique), ayant fait la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté (mégalosunè = majesté, hauteur, magnificence, gloire) dans les cieux » (Hébreux 1 :1-3)
«Comportez-vous entre vous comme en Christ Jésus qui en forme (morphè = forme du corps, figure extérieure, apparence,  morphologie) de Dieu ne considéra pas comme une proie à rester identique à Dieu mais s’est lui-même vidé (kenoo = vider, rendre vain, sans effet, se dépouiller, se priver de force, épuiser, évacuer, faire sortir), ayant pris la forme d’esclave en devenant identique aux humains et quant à son aspect (skèma = forme, aspect, apparence, ce qui est visible, attitude extérieure, figure ; cf. schéma) découvert (eurisko = découvrir, trouver, montrer)   comme un humain, il s’abaissa lui-même devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix.. » (Philippiens 2 :5-8).
Nous observons deux pôles conceptuels à savoir :
L’upostasis correspondant davantage à la personnalité, à l’âme, à l’esprit, au fond ou fondement, à la nature, à la profondeur de Dieu, de Jésus-Christ et par extension à l’homme créé à Son image. De l’upostasis émanent par exemple l’amour, la justice, l’intelligence ou au contraire de l’homme vivant loin de Dieu la haine, l’injustice, le péché, la méchanceté, la bêtise, l’obscurantisme etc. …
La morphè et le skèma correspondant davantage à la forme, à la corporéité, à l’apparence, à l’aspect, au schéma, à la structure, à ce qui est visible, à la morphologie, à la figure, à la forme du corps de Dieu, de Jésus-Christ et par extension à l’homme créé à Son image. De la morphè et du skèma émanent par exemple ce que l’on voit c’est à dire la taille, la beauté, la splendeur, le rayonnement, la gloire, la lumière, le feu et de l’homme mortel vivant loin de Dieu à terme la déchéance physique, la maladie, le vieillissement et la mort etc. …

Nous retrouvons ces concepts dans l’Ancien Testament à savoir :
Yatsar en hébreu à traduire par « former » (façonner, fabriquer, concevoir, forger) est à distinguer de bara ; « créer » qui consiste à faire à partir de rien (expression consacrée : ex nihilo).
 Dieu forma l’homme à partir de la poussière de la terre. Il prend une espèce de forme ou de matière, en l’occurrence de la terre, pour former une nouvelle forme celle de l’homme ou son corps. Il lui insuffla un souffle de vie (nichemah hayim ; Genèse 2 :7) par lequel Il glorifia la forme de l’homme à Son image et mit en lui ce qui correspond à l’âme.
Nous retrouvons encore l’expression yatsar en Zacharie 12 :1 : « Parole de Yahvé qui a déployé les cieux, fondé la terre et formé (yatsar) l’esprit (rouah) animant l’homme (veyotser rouah adam becoreboh).
 L’appel de Dieu à Jérémie est aussi intéressant (Jérémie 1 : 5ss) : « Avant que je t’eusse formé  (yatsar) dans le ventre de ta mère, je te connaissais… » Jérémie préexistait à sa formation corporelle par Dieu dans le ventre de sa mère. Son âme et son esprit préexistaient à sa conception et à sa naissance puisque Dieu le connaissait avant. Jérémie existait déjà préalablement au niveau de son âme et de son esprit, mais il n’était pas « complet » ! Il fallait encore la formation du corps ou de la forme
Dieu a donc formé l’âme et l’esprit de l’homme ou son « upostasis » puis le corps (morphè) dans le ventre maternel.

Nous constatons que l’Ancien Testament propose une compréhension semblable à celle du Nouveau Testament : « …le Dieu de la paix puisse-t-il vous mettre à part (agiadzo) [votre] tout entier et que [votre] tout entier l’esprit (pneuma), l’âme (psychè) et le corps (soma) soit sans défaut (amemptos) dans l’avènement (parousia) de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5 :23).
Il est évident que Paul parle de la première parousie de Jésus (Apocalypse 1 :10ss) où Il institue et forme l’Eglise des Vainqueurs où l’être tout entier, esprit, âme et corps ou le fond et la forme, est sensé être mis à part dans la Salle du Trône (cf. écrit : « Retour ou retours de Jésus-Christ ? »).
Les théologies, les philosophies, la littérature et les mentalités migrent d’un pôle à l’autre privilégiant soit l’un soit l’autre ou encore éliminant carrément un pôle au profit de l’autre. D’après ces textes Dieu comme l’être humain à l’image de Dieu a une « upostasis –nichemah hayim » et une « morphè – skèma - yatsar».


LE FOND OU LA FORME ?

Certains disent « A fond la forme » et d’autres disent « La forme au fond » mais d’après les passages bibliques ci-dessus on peut dire « Le fond et la forme, à fond ».
Au-delà des jeux de mots avec leurs limitations certaines, Jésus dit à Ses détracteurs : « Or afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison… » (Matthieu 9 :6 ; Marc 2 :10 ; Luc 5 :24). Les scribes, choqués par le fait que Jésus ait pardonné les péchés au paralytique, autrement dit Il S’est occupé du « fond » comme Dieu seul est autorisé à le faire au niveau du pardon (Marc 2 :7), vont en avoir pour leur grade car la question qu’Il leur pose est sans appel : « Car lequel est le plus aisé de dire : Tes péchés te sont pardonnés ou de dire : Lève-toi, prends ton lit et marche ? »
Eux comme nous, avons la réponse, car s’occuper de la forme ou du corps du paralytique implique quelque chose de visible : ça marche ou ça ne marche pas et cela aux yeux de tous. Avec Jésus ça marche ou plutôt, il a marché : il s’est levé et est allé dans sa maison. Jésus démontre par la guérison de la forme qu’Il est Dieu et qu’Il a donc le droit de pardonner les péchés ou est en droit de s’occuper du fond !
Pour sortir du dilemme posé par « Le fond et la forme, à fond » comme Jésus le préconise, l’Eglise, par manque de parole dynamique de puissance avec résultats pour la forme, s’est cantonnée au « fond », à l’homme intérieur moins risqué car invisible et finalement a atteint le « fond du trou mortifère » tant pour la forme que finalement pour le fond.
Pour ne pas prendre de risques évidents, elle s’est « spiritualisée » et a donc fini par réduire le corps à une coquille sans importance de toute façon destinée à disparaître et à se désintégrer. Par sa théologie, elle a donc absorbé la forme, le contenant, l’apparence, l’homme extérieur par le fond, la substance, le contenu, l’homme intérieur. Elle fut en outre largement influencée par les méthodologies philosophiques grecques partant de l’observable même pour sa mythologie pour construire ses premières théologies.
De plus la pensée grecque a à la fois méprisé et sublimé tour à tour la forme par l’esthétisme : pensons aux statues de nus aux corps parfaits ou le fond : pensons au suicide de Platon et à l’expression « amour platonique » qui est un amour non physique.
Au Moyen-Age avec l’omniprésence de la religion catholique romaine la forme était généralement absorbée par le fond au niveau du discours religieux bien que cela ne fut pas le cas dans tous les domaines plus précisément sociaux (noblesse, clergé, tiers état).
La civilisation occidentale sublime actuellement la forme ou le corps, l’apparence, le « paraître », le « look » et le blabla superficiel et considère le fond surtout à partir de cette sublimation. Le fond occidental est en effet construit à partir des sciences dites exactes, de l’observable, du visible, de l’image, de l’immédiateté entre autres financière et d’une littérature très souvent débridée. Ainsi elle absorbe le fond par la forme.

C’est comme si le vin était absorbé par la bouteille ou l’inverse. L’un ne peut pourtant pas aller sans l’autre. La bouteille sans le vin est vide. Sans la bouteille le vin se répand et ne peut être ni transporté ni consommé. La bouteille ou la forme n’est pas à confondre avec le vin ou le fond ni inversement.
Alors le fond ou la forme ? Non, le fond et la forme, à fond !


2 . LE FOND ET LA FORME, A FOND

« C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et ceux qui y ont dressé leur tente » (Apocalypse 12 :12).
Nous savons qu’il s’agit ici de celles et ceux qui, après l’enlèvement (Apocalypse 12 :5c) et que le Dragon ait été jeté sur terre hors des lieux célestes, habitent définitivement avec leur corps ou leur tente (2 Corinthiens 5 : 1-4 ; 2 Pierre 1 :13) dans les cieux.
Avant l’enlèvement l’Eglise des Vainqueurs évolue déjà dans les lieux célestes avec le corps glorifié (Romains 8 :23 ; 2 Corinthiens 3 :18 ; Apocalypse 5 :10 ; 6 :2 ; 7 ; 12 :1).

Comme Dieu a formé le fond et la forme de ce qu’est l’être humain, Il tient à ce que non seulement l’upostasis ou le fond soit sauvé de la mort et de la destruction mais aussi la morphè ou la forme.

Jésus a pris la forme humaine d’esclave soumis à l’espace-matière-temps pour nous sauver en entier de notre prison. En remontant vers le ciel après sa mission salvatrice terrestre, il a fait captive la captivité ou encore il emmené des captifs esprit, âme et corps (Ephésiens 4 :8). Bref Son œuvre est une œuvre de restauration parfaite et complète pour que le fond et la forme de l’homme soient sauvés, totalement délivrés et retrouvent leur conformité au fond et à la forme de Dieu (Romains 8 :29) !
Quand Jésus est monté au-dessus de tous les cieux, Il veut « remplir toutes choses », Il a donné les ministères pour que nous aboutissions à l’unité de la foi, de la connaissance du Fils de Dieu, à l’homme adulte (fond), à la mesure de la taille de la plénitude du Christ (forme ; Ephésiens 4 : 13) autrement dit à l’Eglise des Vainqueurs avec le fond et la forme parfaits ! Pour cela il est indispensable qu’aussi la forme ou le corps puisse être métamorphosé, transfiguré afin de pouvoir monter dans les lieux célestes glorieux car la chair et le sang n’hériteront pas du royaume de Dieu (1 Corinthiens 15 : 50).

La mythologie grecque est d’ailleurs parlante à ce sujet : Morphée est la déesse des rêves et elle a pour parents Hypnos le dieu du sommeil et Nyx la déesse de la nuit. Hypnos a un frère jumeau Thanatos le dieu de la mort.
La forme, corps – morphè est dans une véritable prison et en danger très grave ! Arrêtons de rêver et tournons-nous vers la réalité, Jésus-Christ, venu sous la forme d’un esclave, nous délivrer de cet étau !!!

3.  COMMENT CELA SE FERA-IL ?

Telle fut la question d’ordre purement physique de Marie à l’Ange Gabriel ! Dieu le Père fécondera Marie par la puissance du Saint Esprit, ainsi Celui qui naîtra sera saint et sera appelé Fils de Dieu  (Luc 1 :34-35).
 Jésus-Christ a accepté de subir une métamorphose à partir de la forme de Dieu vers une forme humaine terrestre. Il S’est littéralement vidé (cf. 2ème texte de l’introduction) de la gloire céleste pour prendre la forme terrestre mortelle, limitée. Il lui aura été nécessaire de prendre conscience de qui Il était, de recevoir l’Esprit Saint, de jeûner, de prier, d’être transfiguré pour récupérer la force et la gloire suffisantes pour rester saint et parfait, accomplir Ses missions et vaincre juridiquement l’Ennemi sur la croix.
Au moment de la résurrection Il bénéficia d’une métamorphose de la forme humaine, le corps mort vers la forme de corps glorifié par le Saint Esprit (Romains 8 :11). C’est dans cette forme qu’Il put se déplacer surnaturellement sur terre et aussi monter au ciel.
Il emmena les captifs, rendit captive la captivité (Ephésiens 4 :8) en nous envoyant le Saint Esprit ce qui est avantageux pour Ses disciples (Jean 16 :7). Le Saint Esprit en effet est appelé à métamorphoser notre forme terrestre en la forme de Dieu (2 Corinthiens 3 :18) dans le but que nous récupérions l’aspect et l’image originelle d’Adam et d’Eve ! Ils étaient formés à l’image de Dieu au départ.
 Le début de la  Genèse peut nous éclairer quant au COMMENT.
Au verset 1 Elohim crée, c’est à dire fait à partir de rien, ex nihilo le ciel et la terre parfaits et beaux.
Mais d’après le texte, les éléments de l’univers, du ciel et de la terre n’étaient plus là qu’en tant que « matière première » dans les ténèbres. Cette matière première n’était que « tohou va bohu », informe et vide, solitude et chaos, sans fond et sans forme dans les ténèbres… ! Elle existait sous forme intermédiaire puisqu’elle existait encore mais dans un état terrible. Il fallait donc former,TRANSFORMER, METAMORPHOSER cette affreuse matière première !
Mais pourquoi cette matière première était-elle un tohu bohu affreux ? En effet, ce n’est pas normal car Dieu ne crée pas le tohu bohu. En fait c’est suite à la révolte et à la chute de Lucifer (Esaïe 14 :12-14 ; Ezéchiel 28 :12-18 ; Luc 10 :18) que la création initiale parfaite et belle du verset 1 a été mise dans cet état lamentable. Toutefois nous voyons que le Serpent continue à avoir accès au paradis et à la salle du Trône (Genèse 3 :1ss ; Job 1 :7ss ; Zacharie 3 :1ss ; Apocalypse 12 :10) et reste le Prince de ce monde (Luc 4 :6) à cause de la chute de l’homme.
Quel fut alors le plan de Dieu ?
L’Esprit d’Elohim couvait, couvrait, sondait, se mouvait sur le « visage », la face (ici phenè ; phanaim) des eaux.
Pour le parallélisme, il paraît que notre forme, notre corps contient 70 % environ d’eau… ! Nous avons aussi un « visage »… !
Suite à la chute d’Adam et d’Eve le tohu bohu a de nouveau fait un retour partiel mais pas aussi grave qu’en Genèse 1 :2 ou tout était carrément informe et vide. L’homme en l’état n’aurait pu y survivre. La création passa encore une fois à un état intermédiaire espace-matière-temps tel que nous le connaissons.
Il se trouve que l’Esprit Saint depuis la Pentecôte suite à l’œuvre de Jésus se meut à nouveau sur la terre au-dessus des humains : Il sonde, couvre, couve, plane comme en Genèse 1 :2 après la chute de Lucifer qui fut alors éjecté du 3ème ciel et surtout cantonné dans le 2ème ciel, le royaume des ténèbres (Ephésiens 2 :2 ; 6 :12), tout en ayant accès comme dit à la Salle du Trône pour accuser et bien entendu à la terre et ses habitants.

Genèse 1 :3 est le début de la métamorphose à partir d’une terrible matière première intermédiaire marquée par le tohu bohu vers une création à nouveau parfaite couronnée par la formation par Dieu de l’être humain mâle et femelle.
Ce passage nomme tout ce qu’il faut pour démarrer la métamorphose :
Elohim pluriel de El  est présent c’est à dire le Père, le Fils et le St Esprit. Il se décline dans la suite du verset.
Vayomer, « dit », est  le verbe dire, la Parole : nous pensons à Jésus, la Parole faite chair (Jean 1 :1ss).
Yehi,« soit, est », est le verbe être que nous retrouvons dans Yahvé : nous pensons au Père (Exode 3 :14).
Or, « lumière » : nous reconnaissons le Saint Esprit, la puissance divine, la gloire et aussi la substance, l’upostasis divine par laquelle les ténèbres sont chassés. Le feu est à l’origine de la lumière et il est dit que nous serons immergés dans le Saint Esprit et le Feu (Luc 3 :16 ; Actes 2 : 3).

 Dieu dit que la lumière soit [est] et la lumière fut [est] (Vayomer Elohim yehi or ; vayehi or)

La gloire de Dieu est prononcée dans le tohu va bohu satanique pour en faire à partir d’une matière première déchue ténébreuse l’or, le feu, la lumière la perfection. Au même titre que le tohu bohu, ce qui est informe et vide est métamorphosé, au même titre par Jésus non seulement notre fond qui est souvent vide mais aussi notre forme souvent informe doivent être métamorphosés par la Parole dynamique de vie prononcée engendrant l’explosion de la lumière : la substance glorieuse et la forme resplendissante caractérisant le fond et la forme de Dieu !



CONCLUSION

Le fond et la forme, à fond dans la métamorphose opérée par le Saint Esprit. « Que la lumière soit sur toi et la lumière est sur toi » dans le corps glorifié de Jésus !

En Jésus,

Martin BUSCH

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