Association Vie Comblée

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mercredi 26 mars 2014

46 LA REALITE

RUBRIQUE DE L’EGLISE DES VAINQUEURS : 

46
LA REALITE


INTRODUCTION

« Ceux qui voient la réalité en face ont les pieds sur terre et assument ». 
« Ceux qui ne vivent pas comme cela sont « anormaux »  et n’arrivent pas à s’adapter à la réalité de la vie et des circonstances et n’arrivent pas à prendre leurs responsabilités. » 
Les psychothérapies par exemple, ont entre autres comme but de permettre aux patients d’affronter à nouveau la réalité de la vie, de retrouver leur équilibre, leur stabilité et leur liberté, de s’assumer et de prendre leurs responsabilités à tous les niveaux. Il s’agit notamment, pour tenter d’y arriver, de faire sortir de l’inconscient de façon professionnelle tout ce qui est « oublié, enfoui, refoulé » et qui, telle une gangrène, provoque des blocages et des dysfonctionnements comportementaux et par là différentes pathologies. Tout cela doit être sorti de l’oubli et/ou de l’ignorance, traité pour que cela soit « digéré, assumé » au niveau du conscient, de la perception du réel, par le patient. Au-delà de cette description certes trop rapide, nous aimerions par là aboutir au concept de ce qu’est la réalité qui est en général traduit par vérité du grec aletheia dans le Nouveau Testament.
En grec aletheia signifie réalité, vérité, sincérité, franchise. Mais si on considère les racines du mot : a-lèthè : « a »signifie hors de, surgissement hors de et lèthè signifie oubli, ignorance, inconscience. Etrangement, nous retrouvons là le processus psychothérapique où il s’agit en quelque sorte de dévoiler, de révéler, de faire sortir, surgir ce qui est caché, enfoui, oublié pour aborder la réalité en face.
En hébreu a(e)meth signifie vérité, réalité, fidélité et est à mettre en relation avec amen (En vérité, en vérité : amen, amen) et a(e)mounah qui signifie foi, fidélité, sincérité conscience, vérité, loyauté, stabilité, constance. 
Dans la pensée juive les trois consonnes du mot a(e)meth à savoir aleph, première lettre de l’alphabet hébreu, mèm lettre au milieu et tav dernière lettre désignent le temps bien entendu en lien indissociable avec l’espace-matière. C’est le commencement, le milieu ou le présent et la fin. Quelle désignation intéressante de la réalité ! Commençons par commenter cette dernière dans la perspective de la réalité.

La réalité selon l’a(e)meth

Tout monde est en général d’accord quand on parle de la réalité suivante suggérée par l’a(e)meth : il y a le temps qui passe, la matière sous toutes ses formes et la mort qui finit par arriver, tout cela dans un contexte à la fois linéaire de début et de fin et cyclique répétitif dans les similitudes (cf. schéma de la spirale ou du ressort). Dans ce contexte, il faut essayer de vivre le moins mal possible...
D’après la pensée juive relative à a(e)meth le temps comporte comme dit, un commencement, un milieu et une fin. Mais si commencement il y a, il faut obligatoirement quelque chose avant le commencement et si fin il y a, il faut obligatoirement quelque chose après la fin. Ce quelque chose doit de ce fait avoir une valeur intemporelle, immortelle, toute puissante, c’est à dire une valeur fondamentalement existentielle, de l’Etre qui S’est justement présenté à Moïse comme le « Je suis Celui qui est » : Yahvé (Exode 3).
La réalité immanente temporelle à la fois évolutive et cyclique a en l’état étrangement besoin de la mort pour survivre sinon il y aurait un problème alimentaire et de surpopulation entre autres. Cette réalité à cause de la mort nécessaire est obligatoirement instable. Mais une réalité instable ne peut se maintenir et donc ne peut exister. Pourtant elle tient et elle existe c’est pourquoi elle renvoie nécessairement sous peine d’impossibilité d’existence justement à cause de son instabilité, à une réalité transcendante intemporelle non évolutive stable qui est par définition seule capable d’être source de maintien provisoire. (Colossiens 1 :17b)
Il faut en effet qu’il existe la stabilité absolue pour qu’une réalité instable puisse continuer à exister sur une durée même infinitésimale
Le temps avec ses cycles et sa temporalité linéaire de débuts et de fins est par essence imprégné par la mort qui est fin, ce qui implique irrémédiablement tôt ou tard la destruction finale sans renaissance possible(Apocalypse 20 :11b) comme c’est encore le cas à présent. 
Un exemple de compréhension qui a certes ses limites conceptuelles : une pomme qui a un tout petit point de pourriture se désintègrera incontestablement sur une durée plus ou moins longue. 
Le temps est un sursis, un compromis, une réalité intermédiaire qui a remis la désintégration immédiate et instantanée à plus tard. Mais il est par définition atteint par la pourriture de la mort, de la finitude et ne peut que disparaître à terme. Il porte en lui-même sa destruction et sa fin.

La réalité selon l’aletheia

Aletheia propose l’approche de la réalité qui s’oppose à l’oubli, à l’ignorance l’inconscience voire à la mauvaise foi dans certains cas. Reconnaître, observer, constater la réalité immanente doit obligatoirement pour la raison énoncée dans le paragraphe consacré à a(e)meth, faire sortir, surgir hors de l’oubli, de l’ignorance ou encore de l’inconscience la réalité transcendante du « Je suis » ou de l’Etre, stable, immuable donc intemporel et par là seul capable de maintenir l’immanence sur une durée certes limitée
En effet le temps composé de débuts et de fins se définit dans ses limitations ce qui implique obligatoirement et existentiellement la limitation ultime finale. Il est le contraire de l’éternité tout en étant la démonstration de celle-ci.
Alethia fait état d’une réalité d’éternité enfouie dans l’inconscient de l’être humain. Celui-ci a « refoulé » et enterré l’évidence de Yahvé le Créateur, le Vivant qu’il porte en lui dans sa mémoire existentielle à travers ses ancêtres Adam et Eve ayant été face à face avec Lui. 
L’être humain confronté à la mort tente de la refouler en cherchant une possibilité de survie ici-bas et dans l’au-delà d’où les religions et certaines idéologies et philosophies en tous genres. Mais il ne se tourne pas vers la bonne adresse, car il a aussi refoulé et/ou oublié le Dieu vivant ! Il se tourne vers des valeurs à l’image de son environnement et des perceptions qu’il en a.
Pourtant la réalité du « Je suis » par définition stable aurait dû être la bonne adresse puisqu’elle est maintien et source de Vie donc seule à même de procurer la vie pour l’être humain dans son entier esprit âme et corps ici-bas et dans l’au-delà. 
Mais elle est maintenue injustement captive par ce refoulement. Elle a besoin de surgir hors de ce tombeau de l’inconscient qui est une prison à l’image de l’environnement temporel matériel et spatial de l’homme
L’éclatement de la vérité doit surgir hors de l’oubli, de l’inconscient, de l’ignorance de l’homme pour qu’il soit effectivement dans la réalité - aletheia. 

Paul écrit à ce sujet : « La colère de Dieu, en effet, se révèle du ciel contre toute impiété et injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité [réalité - aletheia] captive… En effet, les choses invisibles [de Dieu] depuis la création du cosmos deviennent visibles par les œuvres [réalité de la création immanente] ainsi que sa puissance éternelle et sa divinité. Ils sont donc inexcusables. » Romains 1 :18+20.

La création visible rend « visible , fait sortir, surgir de l’oubli» les choses invisibles de Dieu ainsi que Sa puissance éternelle et sa divinité. Le maintien de la création intermédiaire instable par la stabilité divine rend cette dernière visible.

La réalité selon zoé

D’un point de vue existentiel il nous faut préciser davantage de choses, car si nous considérons d’un côté l’existence de l’espace-matière-temps instable qui renvoie logiquement et obligatoirement vers l’existence de Celui qui est stable, qui maintient tout (Colossiens 1 :17b) pour qu’il puisse y avoir existence et non néant (tohu va bohu = informe et vide Genèse 1 :2), il nous faut en plus impérativement démontrer la relation – vie - zoé entre les deux. 
La relation est d’ores et déjà une réalité à tous les niveaux de l’immanence que tout un chacun peut constater sans difficulté

Mais la relation existentielle implique deux réalités non seulement totalement différentes et différenciées, espace-matière-temps d’une part et Yahvé, le Tout Autre d’autre part mais elle implique aussi, pour que relation il y ait, une réalité totalement fusionnelle. (cf. Ecrit « La Preuve Ontologique » pour la démonstration étayée).    
Ainsi le « côte à côte » ou la coexistence séparée de ces deux réalités est existentiellement et fondamentalement impossible car le « stable » maintient « l’instable » via une relation totalement fusionnelle d’identification réciproque pour un contact de maintien réel. En même temps pour que relation il y ait, les deux réalités doivent être totalement différenciées car il faut que le « stable » soit et reste pleinement stable pour maintenir l’instable. 
L’absence de zoé - relation ne peut impliquer que le néant : rien n’existerait, ce qui est évidemment impossible. Comme nous existons avec notre environnement, il ne peut y avoir que l’autre réalité, le Tout Autre capable vu Sa toute puissance aussi de fusionner avec nous-mêmes et notre environnement. C’est paradoxal mais existentiellement nécessaire.

Nous nous devons de poser une question préliminaire : Yahvé aurait-Il créé, généré quelque chose d’instable, d’imparfait comme l’espace-matière-temps ? 
Si oui, il y a existentiellement un très gros problème car comment peut-Il être l’Etre fondamental parfait, immortel, stable et créer quelque chose d’aussi imparfait tels le temps, une véritable prison et la matière imprégnée de mort et dont la survie cyclique linéairement provisoire nécessite la mort ?
Sinon, alors comment résoudre ce problème ?
Yahvé a créé l’être humain, un vis à vis à Son image imprégné de Lui par Son Souffle à conséquence fusionnelle. Ce vis à vis était un être glorieux puisqu’à Son image mais libre d’être vis à vis, en relation harmonieuse fusionnelle avec le Créateur ou non. Cet être à l’image du Créateur devait gérer la création parfaite initiale (Genèse 2 :15-20) et par conséquent en avait la responsabilité. Il était libre de faire comme Yahvé le lui avait proposé ou non car la relation devait être génératrice de vie c’est à dire être une relation d’amour.
La liberté est la base d’une relation d’amour : là encore une réalité que tout un chacun peut constater actuellement : un mariage forcé par exemple ne peut être un mariage d’amour.
Comment cette liberté a-t-elle été donnée à l’être humain ? La base de la liberté est le choix. L’être humain avait le choix de manger ou non les fruits de l’arbre de la connaissance du bien ou du mal (Genèse 2 :17) c’est à dire d’accepter librement ou non d’être le vis à vis de Yahvé dans une relation d’amour en tant que gérant de la création initiale parfaite et stable. Ne pas manger du fruit signifiait accepter que c’est Yahvé qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. En manger signifiait que c’est l’être humain qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal dans l’indépendance et non plus dans la position de vis à vis dans une relation d’amour avec Yahvé. 
Le gérant de la création, l’homme, mangea le fruit défendu et rendit par là la création imparfaite, instable conditionnée par le temps et son mode de fonctionnement basé sur la mort. Il a voulu prendre la place de Dieu en voulant décider de ce qui est bien et de ce qui est mal. C’est la « chute » due au péché. Le gérant a raté le but (grec amartia = péché, manquer le but).  
Sans la chute la création serait stable et Dieu une évidence fusionnelle glorieuse visible de tous. La perfection, l’éternité et la gloire seraient présentes partout comme elle le furent dans le paradis (Genèse 1 : 31) et comme elle le seront dans le nouveau ciel et la nouvelle terre (Apocalypse 21 :3+22-24 ; 22 :5)
Pourquoi la chute n’a-t-elle pas entraîné la désintégration immédiate de toutes choses ? Pourquoi parlons-nous d’une création « intermédiaire » ? 
Le non libre et terrible de l’homme à Dieu a provoqué certes la mort promise par Dieu en cas de péché, la souffrance et des malédictions de toutes sortes mais il n’a pas entraîné le non de Dieu à l’homme.
Le oui d’amour de Dieu est immuable. Dieu ne se renie par Lui-même. C’est pourquoi la création fut soumise au temps, à la durée pour redonner une chance de retour de l’homme à Dieu. Il reste une mesure de « gloire divine de maintien » de la création telle que nous la connaissons et observons. Cette mesure de maintien provisoire correspond à la partie du oui d’amour de Dieu, sachant que le ver est dans la pomme à cause du non de l’homme. Le Seigneur voudrait dans le cadre de ce maintien qui dure déjà si longtemps que tous les hommes arrivent à la repentance, au oui et amen à Dieu (2 Pierre 3 :9b).
Ainsi nous constatons une réalité immanente paradoxale : la beauté de la nature révélant Dieu et Son oui et en même temps les catastrophes naturelles, révélant le non de l’homme ; les belles et bonnes choses que l’homme peut accomplir et en même temps les catastrophes en tous genres qu’il provoque et dont il est d’ailleurs lui-même la victime ; le corps de l’être humain qui est à la fois une merveille très compliquée dans son fonctionnement et qui en même temps évolue à coup sûr vers la déchéance et la mort etc.… 
Dans cette instabilité, la création « intermédiaire » renvoie donc envers et contre tout à Dieu qui, par amour, la maintient par une mesure de gloire dans la durée sinon elle se serait immédiatement désintégrée ce qui aurait fait jubiler le serpent
Cette instabilité mènera inéluctablement à la destruction finale de la création intermédiaire lors du jugement dernier pour laisser la place à une nouvelle création paradisiaque où vivront les êtres humains qui auront profité de la nouvelle chance sur la durée en ayant dit oui à Dieu (Apocalypse 20 :11b). Par contre l’accumulation des péchés s’élevant telles des multitudes de tours de Babel attire et attirera les catastrophes, les crises ou jugements (cf. les livres prophétiques ; Apocalypse 18 :5ss) et finalement la disparition finale.

Quel est le but de l’amen (cf. vérité, réalité) et du oui d’amour de Yahvé ?
Obtenir le oui libre d’amour de l’homme dans le cadre de la durée mais limitée. Pour cela il faut établir une relation existentielle donc de réalité avec l’homme.

Seule une relation existentielle décrite en début de paragraphe valide la relation entre Dieu d’une part et le cosmos et l’homme s’y trouvant d’autre part. 
Ainsi pour que relation il y ait, ce n’est pas prioritairement ce que Dieu dit ou fait mais ce qu’Il est. Il n’y a donc qu’une seule solution pour établir cette relation existentielle, base de toute autre forme de relation, y compris l’acte « relationnel » de création : il faut que Dieu SOIT à la fois Dieu et Homme, Créateur et Créature. C’est pourquoi Paul a écrit au sujet de Jésus-Christ : «Il est l’image du Dieu invisible, premier né de toute créature (Jésus Homme, créature)  car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre (Jésus Dieu)…tout est créé par lui (Jésus Dieu) et pour lui (Jésus Homme, créature) et il est lui avant tout (Jésus Dieu) et toutes choses subsistent [sont maintenues] en lui (Jésus Dieu). » (Colossiens 1 :15-17).
Voilà la réalité ou la vérité ; Jésus n’a-t-Il pas dit : « Je suis le chemin, l’alethia [réalité – vérité] et la vie [relation zoé] » (Jean 14 :6)
Yahvé Jésus Homme devait en fait dans le cadre de l’Histoire être l’Homme de substitution du oui et de l’amen parfaits qui englobe tout et prend sur Lui en termes de justice par Sa mort sur la croix toutes les conséquences du non initial de l’homme pour lui redonner une possibilité libre et authentique de Lui dire librement oui et amen.

La réalité selon le logos

Nous avons vu que le temps, parce qu’évolutif, est instable et ne peut exister que par rapport au stable qui le maintient. Cette logique décrit la réalité vraie existentielle. C’est pourquoi Paul parle des hommes qui ne reconnaissent pas Dieu comme étant inexcusables. Ici nous ne sommes même pas dans le domaine de la foi, mais dans celui de la preuve ontologique, de la logique incontestable parce qu’existentielle : hors de cette logique rien n’existe.
Pourquoi parlons-nous de logique ? Parce qu’au commencement était le logos qui a donné le mot logique (Parole raisonnable, discours logique) et le logos était avec Dieu et le logos était Dieu. Jésus était/est avec le Père et est Dieu. « Toutes choses ont été faite par lui [le logos = Jésus Dieu] et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui » (Jean 1 :3)
Jésus est le logos fait chair (Parole raisonnable faite chair – Jean 1 :1+14). Il est la réalité ou vérité logique et raisonnable. La Parole - Logos n’est pas d’abord une suite de mots et de phrases logiques et construites mais nécessairement l’Etre par excellence . 
Il s’agit de quelque chose qui devrait sauter aux yeux de tout être humain raisonnable, éclairé et donc logique (Jean 1 :5)
La logique et la raison prônées par les athées et les agnostiques ne considèrent que la réalité matérielle instable de la création intermédiaire sans en reconnaître les vecteurs logiques désignant la réalité stable de maintien nécessaire.
La notion de réalité sans Dieu révélé en Jésus-Christ vrai Dieu, vrai Homme, devient donc relative, évolutive, descriptive, partielle et partiale selon tous les modes d’observation, de perception et d’analyse toujours limités que nous connaissons tant au niveau de la science dite exacte que des sciences dites humaines. 
Chaque découverte ouvre une multitude de nouvelles inconnues et cette évolution est paradoxalement exponentielle car la création est infinie et le Créateur est « plus que l’infini » puisqu’Il a créé l’infini dans Sa toute puissance.
Nous ne sommes pas arrivés au bout de la logique existentielle ou de la Parole - Logos du « Je suis ». Yahvé dans la relation a fait la démarche existentielle et par conséquent logique de Lui vers le cosmos et particulièrement vers l’être humain par l’incarnation mais qu’en est-il de la démarche inverse ? 

Quelle réalité existentielle engendre le oui et amen de l’homme à Dieu ?

Le oui et amen authentique et dans la foi (aemounah – pistis) de l’homme à Dieu engendre le salut de l’homme en Jésus-Christ (Jean 3 :16). Quelle en est la conséquence ? Nous déclinerons les thèmes des paragraphes précédents pour en faire état. 

Nous avons vu que l’a(e)met, la réalité désignant le temps fonctionnant avec l’espace et la matière, est issue de la chute qui a transformé la création initiale parfaite glorieuse et éternelle en une création intermédiaire avec ses belles choses certes mais aussi imparfaite et qui finalement s’avère être une véritable prison imprégnée par la mort et destinée à la mort.   
La partie de l’homme liée et intégrée à l’espace-matière-temps est son corps. Il est visible, tangible et aussi « intermédiaire ». Le résultat final habituel constaté dans la réalité immanente qui disparaîtra aussi, est la mort à savoir la séparation et le déchirement entre l’âme et l’esprit d’une part et le corps d’autre part. 
Pourtant cela ne correspond pas à la réalité révélée en Jésus-Christ vrai Homme et vrai Dieu car « toutes choses subsistent, se maintiennent EN Lui » (Colossiens 1 :17 ; ta panta en auto sunestèkèn ; verbe grec intransitif sunistamai = mettre, maintenir ensemble, subsister, maintenir)
Le maintien stable divin rend l’instable stable en Jésus-Christ. L’être humain qui dit oui et amen à Dieu, EN Christ passe du provisoire intermédiaire au définitif éternel et glorieux. En Lui tout se maintient, toutes choses subsistent au niveau intermédiaire provisoirement certes comme nous l’avons vu. Mais si le but de Dieu est atteint au niveau du oui chrétien, l’état l’intermédiaire du corps de celui-ci est existentiellement supprimé au profit d’un nouvel état glorieux et éternel. Par le fait d’ETRE EN Jésus-Christ le corps passe de l’instabilité à la stabilité, de l’intermédiaire à la plénitude et de la mortalité à l’immortalité dans la Salle du Trône. Le chrétien est logiquement « maintenu ensemble », c’est à dire qu’il n’a plus à subir la séparation du corps d’avec son âme et son esprit ou la mort. L’œuvre parfaite de Jésus-Christ ne peut existentiellement donc logiquement et raisonnablement qu’engendrer un salut parfait du chrétien dorénavant exempté de la mort. Il est arraché des conséquences du péché et de la chute donc il faut impérativement qu’il sorte de l’espace-matière-temps mortel pour passer esprit, âme et corps dans le céleste immortel. 

Nous avons vu que l’aletheia, la réalité fait sortir, surgir ce qui est refoulé, oublié, ignoré de l’inconscient de l’homme non seulement à son conscient mais à son ETRE tout entier donc aussi son corps qui seul est visible et tangible au niveau de l’intermédiaire.  
Il porte aux tréfonds de son être tout entier à travers Adam et Eve le vécu face à face avec Yahvé où il était immortel et glorieux au paradis. Faire sortir les vecteurs immanents indiquant le céleste, le « paradis perdu » que l’on recherche si souvent, implique non seulement une restauration de l’âme et de l’esprit mais aussi celle du corps. La réalité existentielle, identitaire fondamentale englobe toujours l’être tout entier. Adam et Eve était « entièrement » esprit, âme et corps dans le paradis. Jésus est venu et a souffert avec Son Etre tout entier pour nous sauver en entier. L’aletheia rend visible la gloire divine sur le corps transformé du croyant parce qu’elle a fait sortir sa réalité identitaire qui se manifeste à partir du Corps glorieux de Jésus « maintenant ensemble » toutes choses.

Nous avons vu que la réalité de la zoé, la relation, la vie entre l’immanent et le céleste est indispensable à l’existence. La zoé ou la vie est le contraire de la mort et est libérée des contraintes de la mort donc de l’espace-matière-temps. Jésus a ouvert la porte de cette prison. Dans cette relation, le Créateur reste le Créateur et la créature reste la créature pour une différentiation fondamentale nécessaire pour le vis à vis mais en même temps pour que relation dans le contact il y ait, il faut en même temps la fusion, l’osmose. La fusion implique le fait d’être un avec Dieu (Jean 17 : 21), de former un seul corps en tant qu’épouse avec son Epoux donc la glorification et la métamorphose du corps avec à la clé la sortie de la prison espace-matière-temps. 

Nous avons vu que le logos est Yahvé et qu’Il a été fait chair. Jésus-Christ vrai Dieu et vrai Homme est la logique même car condition de possibilité de l’existence. Pour que cette logique de Yahvé vrai Dieu vrai Homme prenne sa dimension existentielle véritable et soit de ce fait dans la réalité, il faut qu’elle corresponde à la logique réciproque correspondante. L’homme, par son oui et amen à Dieu passe de la réalité existentielle intermédiaire à l’éternelle et absolue. La logique veut impérativement extraire totalement le croyant de sa condition et de son environnement mortel, limité, de prison espace-matière-temps. Il n’y a qu’une seule solution logique et raisonnable : la métamorphose de gloire en gloire de son corps par le Saint Esprit (2 Corinthiens 3 :18 et Romains 8 :23) qui permet de passer dans les lieux célestes.
Les chrétiens ne peuvent qu’être selon la logique et la réalité à leur tour vrais dieux, à l’image de leur Créateur  ! Cette logique apparaît dans la Bible (Jean 10 :34 ; Psaume 82 :6). Elle ne peut que devenir réalité. 
La foi n’est pas la « foi du charbonnier » ou croire « les yeux fermés » mais la confiance sereine, raisonnable, éclairée, les yeux ouverts dans la logique-logos évidente qui est réalité et/ou vérité. 

CONCLUSION

Dieu se met en colère contre ceux qui refusent l’évidence logique et réelle et tiennent la réalité/vérité captive. Ils sont inexcusables aussi en ce qui concerne leur refus par rapport au salut du corps. Dieu n’est pas content d’abandonner le corps intermédiaire de l’homme à la sanction de la mort, même si ce n’est que la première mort. 
La réalité existentielle, conséquence du oui de l’homme à Dieu est en effet le salut total logique de l’esprit, de l’âme et celui concret du corps avec à la clé la métamorphose du corps et l’immortalité dès à présent. 
Cette réalité concrète fait barrage aux idéologies ou discours logiques sur les idées ou encore à tous les « –ismes » y compris le christianisme
Tous ces « -ismes » ont fait tellement de mal durant l’Histoire. 
Le salut du corps ou la métamorphose du corps n’est pas une idée mais une expérience concrète qui mène dès à présent directement au ciel et permet de revenir totalement transformé, glorifié, ce qui place les idées après la réalité dont nous avons parlé et qui ne peut être par définition que concrète.   
La foi n’est pas croire en quelque chose d’illogique parce que surnaturel car nous avons vu que le surnaturel est logique et nécessaire parce qu’il est condition de possibilité de l’existence du naturel. La foi est raisonnable et consiste à faire confiance en toute simplicité, comme un enfant, à Celui qui nous aime et qui est prioritairement l’évidence même, à savoir la réalité !    

En Lui, 

         Martin BUSCH

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