Association Vie Comblée

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lundi 13 février 2012

Quand Dieu appelle

Pasteur David TRAORE
 Fada N'gourma
BURKINA FASO


Quand Dieu appelle

Je voudrais partager mon témoignage et celui d’Esther ; comment le Seigneur nous a appelés et conduits, comment nous avons cheminé avec lui et avec d’autres ministères jusqu’à aujour’hui.
Bien avant la fondation de ce monde, Dieu nous connaissait. Nous avons lu dans le livre de Jérémie que, avant que tu ne sois dans le ventre de ta mère, je te connaissais. Ce qui implique que, avant que la terre ne soit créée, avant que tous les éléments de la terre ne soient mis en place, on existait déjà quelque part dans la prescience de Dieu parce que Dieu nous connaissait. Il savait la taille, la forme, le poids qu’on allait avoir et avant que nous ne sortions du sein de notre mère, il dit qu’il nous avait consacrés prophètes des nations. 


Je suis né le 21 décembre 1964 au Burkina Faso en Afrique, un petit pays de 274 000 km2 avec 12 millions d’habitants dans la ville de Fada N’Gourma qui est à 220 km à l’Est de Ouagadougou, vers le Niger. Je suis un pionnier de la cinquantaine. J’ai fait toutes mes études à Fada et je me suis retrouvé enseignant, je ne sais pas comment parce qu'un de mes amis se préparait pour rentrer à l’école des enseignants et je l’accompagnais pour constituer ses dossiers. Finalement, il m’a dit que je devais aussi me préparer pour le concours d’entrée à l’école des enseignants. Mais j’ai refusé car je voulais devenir gendarme. Il a dit qu’il avait assez d’argent et qu’il pouvait constituer pour moi les dossiers. Finalement, il a fait ce qu’il voulait, a déposé les dossiers, je ne le savais même pas. Un beau soir, nous avons pris le thé à la manière des Touaregs avec un autre ami. Toute la nuit, nous avons échangé jusqu’au matin et je suis resté coucher chez l’ami en question. A 7 heures,  cet autre ami qui a constitué pour moi les dossiers, partait pour les déposer. Il est passé par là sans que je sache pourquoi et a demandé après moi. Il m’a réveillé et m’a demandé de venir avec lui pour le concours d’entrée à l’école des enseignants. Je lui ai répondu que je n’étais pas prêt. Il a dit que si je n’allais pas avec lui, il n’irait pas non plus et qu’il saurait ainsi que c’est moi qui l’ai fait échouer.  « D’accord, allons-y. Je n’ai pas ma carte d’identité, aucun papier sur moi. » Il m’a donné 3 feuilles avec un stylo. A mi-chemin, je lui ai dit que je voulais retourner car je ne m’étais pas peigné. A l’époque, j’avais une grande chevelure et les surveillants risquaient de croire que j’étais un drogué. Il a dit : « D’accord, retournons et tu seras la base de mes malheurs ! » Nous sommes arrivés quand l’appel était déjà fait. Heureusement, le surveillant qui était un de nos anciens enseignants nous a montré notre salle et nous a dit que nous verrions nos noms et numéros affichés sur la porte. Je n’avais pas ma carte d’identité pour le contrôle et nous sommes arrivés à rentrer. Nous avons composé. C’était bizarre, j’y ai pris du plaisir car ce que l’on nous demandait était intéressant. Au résultat, j’ai réussi et mon ami a échoué. J’ai réalisé que j’étais intelligent, mais je ne l’ai pas pris très au sérieux car l’enseignement ne me disait pas grand chose. Une autre phase devait encore se dérouler sur  Ouagadougou. Je suis allé rendre visite à ma grand-mère au Togo.
Le jour où je suis revenu à la gare, mon petit frère vient à ma rencontre en me disant qu’il avait entendu mon nom à la radio et que le reste du concours se passerait le surlendemain. Il fallait préparer cinq récitations et cinq chants. Même quand j’étais à l’école, je n’avais jamais pu apprendre des récitations par cœur. C’était un problème pour moi. Je ne savais pas non plus où trouver les récitations. J’ai demandé à une petite cousine si elle avait un cahier avec des récitations. Le lendemain, je partais à Ouagadougou qui est à 220 km de chez moi pour les épreuves. Sur la route, je m’efforçais d’apprendre les récitations. Quand j’arrivais à la fin, j’avais oublié le début. Je suis arrivé à destination sans pouvoir apprendre une seule des récitations. Je suis descendu chez un de mes amis. Le lendemain, il m’annonçait qu’il fallait y aller à pieds. C’est cela qui m’a sauvé. La seule strophe que j’ai pu apprendre sur le chemin allait être pour moi la porte d’entrée à l’école des enseignants. Je devais donc passer devant deux inspecteurs de l’enseignement. Ils m’ont demandé de faire de la lecture et m’ont demandé de présenter une récitation. J’ai pu réciter la récitation que j’avais apprise : Le matin à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne je partirai. J’irai par les collines, j’irai par les montagnes. Tu vois, je savais que tu m’attendais….. Très bien, Traoré ! Le problème est que je ne connaissais pas le prochain mot. Une semaine après, j’entendis à la radio que j’étais admis au concours d’entrée de l’école des enseignants.
Dieu connaît toute chose. Notre vie est entièrement sous son contrôle quand nous sommes dans le plan de Dieu. Je n’étais pas converti et j’étais musulman pratiquant à ce moment-là. Ma famille est l’une des plus islamisées de Fada. Mon grand frère est le secrétaire général de la communauté  musulmane des Sunnites de Fada. Dès mon enfance, j’ai appris à réciter des versets du Coran et à 17 ans, à l’école coranique normale, on apprenait à lire les versets du Coran sans rien comprendre. Comme une personne alphabétisée qui arrive à lire le Français, mais la prononciation, c’est autre chose.
Auparavant, j’ai vu un charlatan qui m’a dit : Quoi que je fasse dans ma vie, il ne faut pas aller dans l’extrême Est du pays, car tu mourras. Quand j’ai fini ma formation à l’école des enseignants, on nous a demandé de postuler pour trois provinces. Toutes les trois provinces que j’ai demandées étaient situées dans l’extrême Ouest du pays pour ne pas aller à l’extrême Est. A la sortie des affectations, j’étais affecté à l’extrême Est du pays. Quand je suis parti, ma maman a eu le cœur déchiré et était abattue par tout ce qui m’arrivait. J’ai pris fonction dans la pointe de l’Est qui rentre dans le Niger pendant un an. Le Seigneur a trouvé bon qu’on m’envoie à cet endroit. Puis j’ai été réaffecté car un département voisin avait besoin d’un footballeur. Comme à l’époque je jouais au foot, on m’y a affecté pour que je puisse participer aux activités de cette équipe. En même temps, j’enseignais à mon épouse Esther qui était à l’école. Même si j’étais musulman pratiquant, cela ne m’empêchait pas d’avoir une petite bouteille de Whisky sous mon fauteuil à la maison. Je me cachais pour boire et pour aller chez les charlatans pour la divination. J’étais un spécialiste du péché. J’étais très subtil, car les gens ne s’en rendaient pas compte. La religion ne sauve pas et ne nous débarrasse pas des tares de notre vie. On a peut être une bonne discipline, mais rien de changé à l’intérieur. Le 8 décembre 1990, le soir, je me suis caché chez un ami, professeur de gymnastique pour boire. On était un peu ivres. Nous nous sommes dit qu’il faudrait sortir un peu pour transpirer. Je suis rentré chez moi pour me changer et revenir après. C’est là que tout allait se jouer. Je suis rentré à la maison aux environs de 16 heures. Quand les températures atteignent 42 ou 43 degrés au mois d’avril, on entend souvent des détonations sur les maisons en tôle. Pourtant quand je suis rentré, c’était en hiver avec des températures de 18 à 20 degrés, le vent souffle avec un froid sec. C’était en décembre et j’ai entendu une détonation. Je me suis demandé ce qui se passait. Une angoisse m’a envahi. Mon cœur s’est emballé. J’avais envie de fuir, de courir, mais je me suis rappelé que dans ma chambre, j’avais des fétiches et que j’allais les prendre pour faire des incantations afin de voir si j’allais pouvoir maîtriser la manifestation qu’il y avait dans la maison. Quand je me suis dirigé vers ma chambre, cette angoisse a augmenté et j’ai eu envie de crier et de courir. J’ai fait demi-tour pour demander l’aide de mon ami. En courant vers cet ami, je suis arrivé à côté de grands arbres qui maintiennent la terre ferme et produisent de l’ombre. J’ai entendu une voix dans les cimes qui m’a donné l’ordre de m’arrêter. Mon corps a obéi sans que je veuille m’arrêter. C’était bizarre. Cette voix était si impérative et pleine d’autorité que mon corps a obéi sans que je ne lui commande de s’arrêter. Toute la création obéit à Jésus. Tout ce qui existe sur la terre obéit à la voix du Très Haut. J’ai eu ordre de retourner dans ma maison. J’ai fait demi-tour. Quand je suis arrivé, la peur était partie. La voix m’a ordonné de rentrer dans ma chambre et de prendre le dernier livre d’un tas de livres. Sans qu’une main me montre lequel des tas, je savais exactement ce que je devais prendre. Il était écrit : Comment naître de nouveau de T.L. OSBORN. Je me suis rappelé que j’avais emprunté ce livret à un jeune homme car je faisais partie du comité de rédaction de la constitution du pays dans le département où j’étais en tant que secrétaire de séance. A une de nos rencontres, je l’avais pris pour faire un sous-main. A la fin de la réunion, en tant que musulman pratiquant, la seule chose qui me manquait, c’était le pèlerinage à la  Mecque pour accomplir tous les  piliers de l’Islam. Quand j’ai vu que ce livret parlait de Jésus, je l’ai mis en dessous pour ne plus avoir affaire à lui. Cette voix m’a dit de le lire.
A un certain moment je suis tombé à genoux, face contre terre et à cet instant, j’ai senti une présence devant moi. Sa présence remplissait toute la pièce. Je ne pouvais pas voir son visage tellement il dégageait de la lumière. Je ne pouvais que me tenir face contre terre en sa présence. Il s’est mis à me parler de ma vie. Il m’a fait revoir depuis les premiers instants de ma vie jusqu’au jour où j’étais. Le jugement de Dieu ne sera pas dossier 00024, affaire 013. A la vue du Seigneur, chacun saura s’il devra aller à droite ou à gauche. En sa présence, je pouvais tout revoir, les choses les plus horribles que j’ai commises, que j’ai pratiquées dans l’occultisme et dont j’étais le seul au courant. Evitez la double vie. Il faut être vrai dans le Seigneur. Rien ne lui est caché, il connaît tous les détails de notre vie. Quand on est chrétien, il est important de marcher comme des enfants de la lumière. J’ai crié jusqu’à en perdre la voix, mais aucun de mes voisins ne m’a entendu. Je suis resté de 16 h à 22h30 comme cela à genoux devant lui, mais c’est comme si j’avais passé seulement passé 45 secondes. Je n’ai pas senti le temps. Vers 22h30, je me suis retrouvé seul, mais là où j’étais à genoux, c’était comme si quelqu’un avait versé un seau d’eau tellement mon corps avait dégagé de la sueur et de l’eau. Ma chair était affaiblie et j’ai pu me traîner jusqu’au bord du lit pour poser ma tête.
A 5 h, la voix recommence à parler : Va dans ma maison. Dans mon cœur, ça raisonnait : église. A 6 h, j’étais devant la porte d’une église. Le pasteur de l’église évangélique est venu ouvrir la porte et m’a trouvé assis les yeux rouges,  avec un visage défait et non lavé, il m’a regardé, a ouvert la porte, est rentré et est ressorti en me regardant toujours. Les gens sont venus. Je suis allé m’asseoir derrière. J’ai observé ce qu’ils faisaient. Quand ils se levaient, je me levais et quand ils battaient des mains, je battais des mains,  je ne comprenais rien. C’était la première fois que je rentrais dans une église. A la fin du culte, nous sommes sortis. L’église était située sur une colline. Quand j’ai commencé à descendre, j’entendis encore : Va dans ma maison. Je me suis dit que cette fois-ci j’irai au bar pour me noyer dans l’alcool, ne plus subir le regard des autres et que cette fois, la voix se tairait. Je suis allé en direction du bar. On ne sait jamais quand Dieu veut nous faire du bien. Souvent on n’arrive pas à discerner.
C’est là que j’ai rencontré le jeune homme qui m’avait donné le livret. Il m’appelait et je lui racontais ce qui m’était arrivé. Il était tout content et me regardait, il dit : gloire à Dieu. Je lui ai dit que j’avais des problèmes, qu’il s’en réjouissait et qu’il ne me comprenait pas. « Je vais te présenter à des amis », et il m’a amené chez Marcel et Marcelline NANA, un couple chaleureux. Ce sont mes parents spirituels. Je leur ai donc raconté ce qui s’était passé. Ils m’ont dit que j’ai reçu une grâce particulière. C’était la première fois que j’entendais le mot « grâce ». Ils m’ont expliqué que j’avais rencontré le Seigneur Jésus et m’ont encouragé, exhorté et donné une Bible. Ils m’ont appris à la lire et à prier. J’étais arrivé à un moment tel que, quand je quittais l’école à 17 h et que j’arrivais chez moi vers 18 h, j’ouvrais la Bible et ne la refermais qu’à 5h30 du matin pour me préparer à retourner à l’école.
J’avais envie de savoir tout ce qu’il y avait dans la Bible. J’ai lu verset après verset jusqu’à la fin et j’ai recommencé car je voulais vraiment découvrir ce qu’il y avait dedans. Dieu a commencé à me parler par la Bible. J’ai reçu la parole comme si Dieu me parlait directement. J’avais la même sensation que, quand celui qui était devant moi me parlait. Il n’y a pas de différence quand vous lisez la Bible et recevez la parole de Dieu et quand vous l’entendez parler. Sa parole a la même puissance. Ce qu’il peut dire et transformer votre vie, c’est ce que la Bible dit.
Un jour, je priais. A un certain moment, ma maison a commencé à prendre une autre coloration. Il y avait des lampes à pétrole. Les murs ont commencé à devenir un peu plus blancs et la pièce est devenue toute blanche de lumière. J’ai continué de prier et je me suis mis à dire des choses que moi-même je ne comprenais pas. Je parlais une langue que je ne comprenais pas. J’ai pris du plaisir à parler pendant longtemps. Je ne voulais pas que les autres sachent que cela m’arrivait en priant. Quand j’ai prié avec les autres frères et que j’ai senti que ça montait, j’ai fermé la bouche. Un autre jour, pendant la prière, j’étais tellement fixé sur le sujet pour lequel on priait que le Seigneur a parlé. Madame Nana a reçu l’interprétation de ce que j’avais dit. Cela a fait du bien à tout le monde. J’ai compris que je devais régler des choses avec le Seigneur. Je me suis repenti. J’ai continué sous l’œil de Marcel et Marcelline qui m’ont toujours encouragé et exhorté.
Un autre jour, après la fin de ma prière, je suis allé me coucher. J’ai eu juste le temps de tirer la couverture sur moi quand j’ai vu le toit de ma maison partir d’un côté. Qu’est-ce qui se passe encore ? Je voyais le ciel et les étoiles. J’ai attendu la suite des évènements et j’ai vu une étoile filante qui commençait à descendre. Quand elle est arrivée au niveau des étoiles qu’on voit ordinairement, l’éclat de cette étoile a fait que les autres étoiles sont devenues rouges comme de la braise. Elle a continué à descendre jusqu’au dessus de ma maison. Elle s’est stabilisée et a scintillé. Son éclat augmentait jusqu’au moment où je pouvais distinguer nettement une couronne. J’étais couché et je ne dormais pas. Je voyais la couronne, je n’étais pas assoupi. Une goutte de sang a quitté la partie supérieure de la couronne. Arrivée jusqu’en bas, elle s’est arrêtée et s’est mise à écrire. J’ai pu lire : Je te prépare pour une grande mission. A un certain moment, la couronne et l’écriture se sont retirées dans le ciel, les étoiles sont redevenues normales et le toit de la maison aussi. Je ne comprenais rien, mais je me suis levé pour prendre un stylo et écrire tout ce que je venais de vivre. Dieu est fidèle.
Nous devons voir tous les événements de notre vie d’une manière positive. Ce qui nous arrive de difficile et de malheureux, si nous le regardons avec un œil selon le Saint-Esprit, il y a quelque chose à  apprendre. Nous n’avons peut être pas bien géré la situation. Dieu veut nous accorder le meilleur. J’ai continué à cheminer avec les frères et sœurs. Je me suis préparé pour mon mariage. Quand j’étais musulman, j’étais fiancé à une jeune fille, agent du trésor. Chez nous, les agents du trésor sont très bien payés. Elle avait hérité de grands biens du côté de sa grand-mère qui l’avait élevée, des grands troupeaux de bœufs ainsi que des bijoux en or et argent. Quand j’ai rencontré le Seigneur Jésus, elle m’a dit de laisser tomber Jésus et revenir pour se marier. Pour l’occasion, elle me donnait 300 000 francs CFA. Je lui ai dit que j’étais en train de vivre quelque chose de passionnant et que je voulais d’abord en savoir plus. Elle est repartie. Dans ma prière, j’ai demandé au Seigneur de le servir sans femme et que sa volonté soit faite. Le Seigneur me donna des visions où j’étais en train de prier pour des gens qui étaient couchés sous des arbres fruitiers chargés de fruits, mais tous mourraient de malnutrition sans pouvoir consommer les fruits. J’étais là pour les aider à manger ces fruits pour retrouver leur force et je priais pour leur bénédiction. Dans la vision, pendant que je priais, j’entendais une personne derrière moi qui priait en disant : Amen Seigneur, accomplis ta volonté ! Je me suis retourné et c’était Esther. Je ne comprenais pas. C’est une de mes anciennes élèves. Je suis un ami de son grand frère. Chez nous, quand vous êtes ami de quelqu’un, vous ne pouvez plus courtiser une fille de sa famille, parce que vous êtes considéré comme un grand frère dans la famille. Nous avons cheminé jusqu’au jour où le Seigneur m’a donné clairement une vision où je marchais sur une plage. Une jeune fille est venue vers moi et m’a tendu ses deux mains et m’a dit : Je t’offre mon amour, je te l’offre tout entier. Quand j’ai attrapé ses deux mains, une eau est descendue du ciel sur nous et quand je me suis levé, je pouvais ressentir encore cette fraîcheur sur mon corps. J’avais compris mais était-ce réellement cela ? Le Seigneur est très patient. J’ai dit au Seigneur : Si c’est réellement elle, qu’elle vienne chez moi et qu’elle pose un acte qui symbolise la vie d’un foyer. Un samedi, en allant au collège, elle est passée chez moi. Après les salutations, elle a dit que ma maison était sale. Elle a pris le balai, a fait la vaisselle, a fait la lessive et le repassage. Encore une fois, je demandai au Seigneur : Est-ce que c’est vraiment elle ? Une voix se fit entendre : Incrédule n’as-tu pas demandé un signe ? Je me suis donc repenti. Je lui ai demandé de parler de tout cela à ma maman spirituelle. Pendant que j’ai fermé la porte, ma maman spirituelle est venue et m’a dit qu’elle venait chercher ce que le Seigneur m’avait dit. Je lui ai raconté en détail. C’est de cette façon qu’Esther et moi nous nous sommes mariés le 30 octobre 1993.
Pendant la préparation du mariage, jusqu’à la fin juillet, je n’avais même pas 10 000 francs CFA, (100 francs français) pour nous marier. A cause de ma conversion, ma famille m’avait laissé tomber. J’étais donc avec le Seigneur. Quand Esther et moi avons prié, j’ai entendu la voix disant : Je prends ton mariage à charge. Il te surprendra et toi et les autres. J’ai dit au Seigneur que je ne comprenais pas bien son langage, comment mon mariage me surprendrait-il ?
Fin août, quand je suis allé pour percevoir  mon salaire, j’ai trouvé un rappel de 127000 francs CFA en plus de mon salaire. Je ne sais pas pourquoi. Nous avons acheté tout ce dont nous avions besoin pour le mariage. Fin septembre, quand je suis allé pour percevoir encore mon salaire, je trouve un rappel sur fonds de l’habitat de 92000 francs CFA en plus du salaire. Nous avons donc acheté les petites choses qui manquaient. Le mariage était prévu pour le 30 octobre. Le 27 octobre, je prends mon salaire et il y a encore 100000 francs CFA pour  rappel sur exercice antérieur en plus. Je commence à comprendre le langage du Seigneur. C’est ainsi que nous avons cheminé.
Nous devions faire le mariage administratif à Diapaga à 450 km de Ouagadougou et nous rendre ensuite à Ouagadougou pour la bénédiction du pasteur. Le matin, quand nous nous apprêtions pour aller à la mairie, un frère est venu de Kantchari, village d’Esther à 56 km pour nous dire que ce pasteur a quitté Ouagadougou  et qu’il est à Kantchari et que lorsque nous aurons terminé à la mairie, nous pourrons y aller. Le Seigneur a raccourci le chemin. Nous étions vraiment surpris et Dieu nous a visités. Pendant la préparation du mariage, à la veille, nous avons vécu quelque chose d’extraordinaire. Le maire avait souhaité nous rencontrer et quand nous sommes revenus, nous avons trouvé trois bassines de lessive remplies de poissons propres, bien lavés et nettoyés (des capitaines, des carpes). Nous avons demandé d’où venaient ces poissons. On nous a dit que trois hommes sont venus à vélo et ont demandé si c’était à cet endroit que le mariage avait lieu. Ils ont donc laissé les poissons. Nous avions effectivement besoin des poissons, car beaucoup de frères et sœurs venaient (poissons à la braise, frits, à la soupe). Nous avons bien mangé. Quand le mariage est passé, Esther a bien nettoyé les plats, les bassines toutes neuves, puis nous attendions que ces hommes reviennent pour que nous sachions qui nous a fait ce cadeau. Un autre soir, nous sortons pour rendre visite à des amis. Quand nous sommes revenus, les enfants nous ont prévenus que ces hommes sont revenus et ont repris les bassines. Nous avons demandé de quel côté ils étaient venus et les enfants ont montré la direction. Dans la cour, c’était du sable, mais il n’y avait aucune trace de vélo. Alors, je vais au campement de pêche, je passe famille par famille pour savoir qui a envoyé le poisson : personne. Je vais au deuxième campement de pêche à 11 km plus loin, famille par famille : personne. Qui a donc envoyé ces poissons ? Dieu a envoyé ses anges. Je n’ai plus jamais mangé de poisson qui avait le goût excellent de ce poisson. Nous avions commencé notre mariage dans la bénédiction de Dieu.
Quand je me suis nouvellement converti, j’avais envie de partager ce que je ressentais aux gens, mais je ne savais pas comment évangéliser. J’ai alors eu une idée originale. Ma maison était dans un carrefour. Dans le village, il y avait une foire hebdomadaire où les gens des villages voisins venaient à pieds de 25 ou 30 km. Je me suis acheté une grosse jarre de terre cuite que j’ai fait remplir d’eau, ainsi que deux gobelets que j’ai posé à côté. Je m’asseyais avec ma Bible. Quand un groupe de 5, 6 personnes passaient, je leur demandais s’ils voulaient boire. Ils boivent et je leur propose de lire un passage de la Bible au hasard. Je leur demande s’ils ont compris et je leur dis que Dieu les bénisse. C’est comme cela que j’ai partagé ce que je ressentais en moi. Plus tard, avec mes parents spirituels, j’ai appris quelques techniques d’évangélisation, différentes méthodes d’approche. Toujours est-il que Dieu nous a accompagnés de cette manière durant notre vie. Quand nous nous sommes mariés, j’ai été affecté dans une nouvelle localité où il n’y avait pas d’église ni de pasteur. Nous étions deux, mais avant notre mariage, pendant que j’aidais Marcel et Marcelline, j’ai trouvé dans leurs bagages des magazines de Vie Comblée. Je leur ai demandé si je pouvais les emporter. Quand nous avons commencé à nous installer, je les ai retrouvés. C’était en novembre 1993. J’ai lu, pris des notes. Fin novembre, j’ai écrit à Vie Comblée qui était à l’époque à Vichy et en février, j’ai reçu la réponse. C’est de cette façon que la correspondance s’est établie depuis 1994 entre nos deux couples. Dieu commença à parler alors à chacun du travail qu’il a commencé à instaurer entre nous. Ils (Yves et Michelle GRAVET) nous exhortaient. Ce qui est curieux, c’est que nous passions par des moments difficiles, ils savaient exactement ce que nous vivions et nous pouvions aussi ressentir les fardeaux qu’ils avaient sur eux. Pourtant, nous étions loin. Pendant 6 ans, nous avons été enseignés, formés par les magazines. Toute ma formation s’est faite comme cela. En 2000, Yves et moi avons fait connaissance pour la première fois quand il est venu à une conférence internationale à Ouagadougou. C’était un moment inoubliable. C’est à ce moment qu’il a commencé à nous parler du Centre Chrétien « La Parole de la Foi ». Nous avons reçu des cassettes et des livres de l’église qui ont complété mon attente et notre formation. Chez nous, les gens ont certaines idées : tant que tu n’es pas allé à l’école biblique, tu ne peux pas  servir Dieu. Ma formation s’est faite dans mon salon par des magazines et des cassettes. J’ai écouté les premières cassettes de 22 h à 3, 4 heures du matin. Je prenais des notes, je réécoutais. Quelque chose montait en moi. J’étais qualifié pour l’œuvre. La première parole que j’ai reçue : C’est toi qui mettras ce pays en possession du pays que j’ai juré de leur donner. Pour moi, le peuple est le Burkina Faso. Tout ce que je recevais me faisait grandir et faisait grandir en même temps que ce que je ressentais en moi.
Un jour, j’ai demandé au Seigneur ce que mon épouse et moi pourrions faire encore. Il me répondit : Tu seras affermis dans ma justice, ne crains rien. Je suis avec toi. Une autre fois, pendant que j’étais encore en proie au doute, il me dit : Tu seras comme un jardin arrosé dont les eaux ne tarissent pas. Ce sont des paroles que le Seigneur a amené avec des indices qu’il mettait sur notre chemin pour que nous puissions rester dans la ligne droite. Nous avons cheminé ainsi aux côtés de Vie Comblée et du centre Chrétien jusqu’au jour où le Seigneur nous a parlé clairement. Nous avions commencé à prendre des notes sur toutes les idées que le Seigneur nous inspirait. Un jour, dans la prière, un nom se présente à nous : Centre Chrétien « La Parole Vivante ». Nous sommes demeurés dans la prière et avons tout mis par écrit. Le Seigneur nous dit de ne pas faire ce que les autres font, mais ce qu’il nous destine à faire. A ce moment, je travaillais avec une église. On m’avait confié une assemblée : ce sont des personnes que j’avais évangélisées et que j’avais pu donner à cette union. C’était une assemblée de 100 à 150 personnes et dont j’étais le pasteur. Finalement, j’ai dit au pasteur principal que je croyais que mon appel n’était pas d’être établi sur une assemblée. J’ai un ministère que j’ai décrit au pasteur.  Çà brûlait et montait en moi. Finalement, j’ai été obligé de le revoir. Un jour, j’ai été obligé de prendre mes responsabilités. Je lui ai écrit pour lui dire que je devais m’atteler à ce à quoi le Seigneur m’appelait. Esther et moi sommes encore restés une semaine dans la prière. Quand le Seigneur a fini de tout formaliser dans notre cœur, nous avons commencé notre ministère le 1er  janvier 2005. Déjà Dieu a commencé à honorer sa parole au milieu de nous. Nous avons mis en place un centre chrétien qui s’appelle la Parole Vivante et le premier objectif de ce centre, c’est l’enseignement et la formation. Nous dispensons des enseignements et avons aussi pu mettre en place dans le cadre de la formation, un centre de formation biblique avec la collaboration et le soutien du centre Chrétien « La Parole de la Foi ». Merci pour tous les équipements que vous avez mis à notre disposition. Nous avons déjà un premier groupe d’étudiants qui sont déjà en vacances et un deuxième groupe qui commencera en octobre prochain. Avec les frères Touaregs du Niger, nous avons beaucoup échangé et ils sont beaucoup intéressés par la formation biblique. Ce sont des perspectives qui se présentent à nous. C’est un défi. Je crois que Dieu pourvoira.
Je suis le responsable du département de la formation. Il y a aussi le département de la compassion qui s’occupe des prisonniers et des malades à l’hôpital. Chaque dimanche, nous avons un culte avec les prisonniers et un deuxième groupe rend visite aux malades à l’hôpital. Beaucoup de besoins se présentent : les prisonniers ont besoin de médicaments, de vêtements, de Bibles. Nous ne pouvons pas toujours donner des Bibles, car une seule coûte 2500 francs CFA dans une population où près de 80 % des familles vivent avec moins d’1 euro par jour. Nous essayons au mieux de les satisfaire. Quand une telle demande vient, nous nous concertons et faisons une cotisation pour pouvoir acheter une Bible et la donner à ces frères. Ce qui nous a beaucoup marqué pendant ces visites de la prison, c’est qu’un criminel qui venait de tuer sa femme s’est tourné vers le Seigneur. Il était dans sa « cellule choc » pour les criminels les plus violents et il a entendu les jeunes du département de la compassion prêcher l’évangile aux autres prisonniers. Il a demandé à les rencontrer le dimanche suivant. Il a entendu alors la parole de l’évangile, a quitté sa chaise, est tombé à genoux, a pleuré et dit : Si j’avais connu cette vérité, ma vie n’aurait jamais été ce qu’elle a été ! Je n’aurais jamais fait ce crime. Il a demandé à me rencontrer. Avec le concours du juge d’instruction et des autorités pénitentiaires, j’ai pu le rencontrer, j’ai prié avec lui et je l’ai beaucoup exhorté. Il a demandé à être baptisé. En prison, c’était la fête : Il était en prison, mais il était plus libre que certaines personnes dehors. C’était la première personne que j’ai baptisée depuis que j’ai commencé le ministère du Centre Chrétien. J’ai été vraiment très honoré par le Seigneur. C’était un privilège pour moi de pouvoir le faire. Quand il est sorti des eaux du baptême, parce qu’il était atteint du SIDA, il m’a dit : Pasteur, je n’ai plus peur de mourir. Je suis prêt. Une semaine plus tard, il est mort. C’était un moment très fort pour nous. Nous avons vu beaucoup de personnes comme cela en prison condamnées à perpétuité, qui se sont données au Seigneur et qui ont reçu la grâce présidentielle, la rémission de leurs peines. Quand ils sortent, nous nous renseignons sur la région d’où ils viennent et nous les recommandons à des églises pour qu’ils puissent continuer de vivre leur vie de foi: des Nigérians, des Béninois, des expatriés souvent.
Il y a aussi le département de l’intercession divisé en deux groupes où nous faisons de l’intercession simple avec des frères et sœurs  de 23 h jusqu’à 5 heures du matin souvent. Ils prient pour les autorités, les besoins des pasteurs, la provision dans les églises, les besoins des pasteurs et de leurs familles, pour tous les partenaires et amis du Centre Chrétien « La Parole vivante ».
Il y a le département des œuvres sociales où Esther est responsable en tant qu’infirmière. Nous nous occupons des veuves, des orphelins et des personnes en difficulté. Il y a la pauvreté en Afrique, mais dans notre pays, on parle de l’extrême pauvreté parce que certaines familles mangent une fois tous les deux jours. Il y a donc une très grande mortalité infantile. Esther est souvent amenée à passer la nuit à l’hôpital parce qu’elle accompagne des femmes qui ont leurs enfants malades. Nous avons été appelés une fois et nous avons trouvé une femme qui avait couché son enfant  et attendait qu’il expire pour pouvoir l’enterrer. Esther a pris l’enfant, l’a emmené dans un dispensaire à côté de chez nous et l’a amené par la suite aux urgences d’un hôpital. Elle est restée avec l’enfant pendant deux jours. Aujourd’hui cet enfant a deux ans et fait vraiment la joie de ses parents. Nous avons une plus grande joie à voir vivre cet enfant.
Voilà un résumé de notre témoignage, de David et d’Esther et du Centre Chrétien :la « Parole Vivante » de Fada. Dieu fait toute chose selon son plan. Nous avons appris une seule chose, c’est de nous laisser conduire, écouter le Seigneur et surtout à poser des actes à chaque fois qu’il le voulait. C’est très important pour chacun de nous. Nous bénissons particulièrement le Seigneur pour la connexion qu’il a su établir entre vous et nous, Vie Comblée et nous et certainement encore d’autres connexions avec d’autres ministères. Je crois que c’est le temps du Seigneur et que c’est pour ce temps que nous sommes parvenus à la royauté.

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